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Chine-Japon : de la tension dans l'air

29/11/2013 09:36 EST | Actualisé 29/01/2014 05:12 EST

Le pouvoir chinois a dépêché plusieurs chasseurs et un avion de détection jeudi et vendredi dans la « zone aérienne d'identification » (ZAI), qu'il a instaurée unilatéralement en mer de Chine orientale, rapporte l'agence de presse Chine nouvelle.

Les chasseurs ont décollé vendredi afin de mener une « surveillance efficace », a déclaré le porte-parole de l'armée de l'air, Shen Jinke, cité par l'agence officielle.

Le Japon a pour sa part fait voler dix avions militaires, y compris des chasseurs F-15, dans cette zone, où Washington avait envoyé mardi deux bombardiers B-52 non armés en signe de soutien à son allié nippon.

Ces appareils n'ont pas envoyé de signalement préalable à Pékin lorsqu'ils ont pénétré dans la « zone d'identification aérienne ». La Corée du Sud y a également fait voler des avions.

La Chine a annoncé la semaine dernière que les appareils étrangers entrant dans sa ZAI, y compris les avions de ligne, devraient adresser un signalement préalable aux autorités chinoises.

La zone en question couvreles îlots au cœur du contentieux territorial entre la Chine et le Japon, appelés Senkaku par Tokyo et Diaoyu par Pékin.

La mission de patrouille aérienne chinoise envoyée jeudi était « une mesure défensive, conforme aux pratiques internationales courantes », a déclaré le porte-parole de l'armée de l'air chinoise, Shen Jinke.

Les chasseurs, parmi lesquels des Sukhoï-30 de fabrication russe, ont effectué des patrouilles de routine et ont surveillé des « cibles » dans la ZAI, a ajouté le porte-parole.

« L'armée de l'air chinoise est en alerte avancée et prendra des mesures pour faire face aux menaces aériennes diverses, afin de garantir fermement la sécurité de l'espace aérien du pays », a-t-il dit.

Toutefois, a tempéré le porte-parole du ministère de la Défense, Yang Yujun, il est « inexact » de supposer que la Chine abattra les appareils qui entreraient dans la ZAI sans s'identifier.

Relations tendues

Le secrétaire général du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a dit vendredi ignorer si des avions chinois se trouvaient dans la ZAI, mais il a ajouté que le Japon maintenait son état de vigilance.

Les relations sino-japonaises sont tendues depuis plus d'un an en raison de la question des îles Senkaku/Diaoyu, administrées par Tokyo, mais revendiquées par Pékin.

Washington n'a pas pris position sur la souveraineté de ces îles, situées à environ 150 km du groupe d'îles japonaises Yaeyama (archipel des Ryu kyu), mais reconnaît le contrôle administratif exercé par Tokyo et assure que le pacte de sécurité américano-japonais couvre ces îles.

Les deux principales compagnies aériennes nippones, ANA et Japan Airlines, ne s'identifient plus auprès des autorités chinoises, depuis mercredi, lorsque leurs appareils traversent la zone.

Biden calmera-t-il le jeu?

Le vice-président américain, Joe Biden, est attendu la semaine prochaine en Chine, au Japon et en Corée du Sud, où il tentera de désamorcer cette nouvelle crise, ont déclaré de hauts responsables de l'administration Obama.

Dans un éditorial, le Global Times, organe en langue anglaise du Parti communiste chinois, se félicite de la « réponse calme » du gouvernement face à des « provocations », ajoutant que la Chine ne compte pas s'en prendre aux États-Unis dans cette zone tant que les choses ne vont pas « trop loin ».

« Si cela continue, souligne-t-il cependant, il risque d'y avoir des frictions, des confrontations, voire une collision dans les airs (...) Il est donc urgent pour la Chine de former davantage son armée de l'air afin qu'elle soit pleinement préparée à d'éventuels conflits. »

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