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Un agent de la GRC rabroué pour avoir voulu fumer du cannabis

28/11/2013 10:51 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

La GRC vient de retirer l'uniforme du caporal Ron Francis, un policier originaire d'Ottawa ayant obtenu une ordonnance de marijuana pour des fins thérapeutiques et qui tente de faire valoir son droit de fumer pendant son quart de travail. Il demeure toutefois membre de la police fédérale.

Le caporal Francis, du détachement d'Oromocto, au Nouveau-Brunswick, a reçu cette ordonnance le 4 novembre pour traiter ses symptômes de stress post-traumatique, une condition liée à son travail.

Il affirme que ses symptômes surviennent surtout depuis qu'il a été confronté à la misère des Inuits de Davis Inlet, au Labrador, où il a vu des enfants mourir en respirant des vapeurs d'essence.

Une vidéo rendue publique récemment montrait le caporal Francis fumant un joint en uniforme, à l'extérieur du bâtiment de la GRC.

Ron Francis fume trois joints par jour, au moment des repas, ce qui est moins que ce que sa prescription prévoit. Il pourrait en consommer davantage si son organisme s'habituait aux effets du THC (tétrahydrocannabinol), l'élément actif ayant des effets calmants sur le système nerveux.

Il soutient que cette consommation n'a aucun effet négatif sur sa capacité de travailler, ajoutant avoir tenté d'autres méthodes alternatives, mais sans succès.

Le point de vue de la GRC

Tout en reconnaissant que le caporal Francis a le droit de consommer de la marijuana médicale, la GRC s'oppose à ce que cela se fasse en uniforme ou en public.

Le commissaire adjoint à la GRC, Gilles Moreau, note que la GRC a le devoir d'accommoder les besoins médicaux de ses employés, mais elle doit aussi en considérer les effets sur les collègues et sur les perceptions du public.

D'ailleurs, dans un communiqué, la GRC précise que « tout membre qui consomme une substance psychotrope - telle que la marijuana, l'OxyContin ou le Dilaudid - se voit interdire l'exercice de fonctions opérationnelles, y compris le port d'une arme à feu et la conduite d'un véhicule de police, en raison des risques qui peuvent en découler pour lui, pour un collègue ou pour la population. »

« Il s'agit d'un enjeu relativement récent pour les membres de la GRC. Nous en sommes à regarder nos politiques internes pour savoir comment encadrer ce genre de situation. Si quelqu'un s'est vu prescrire de la marijuana médicale et qu'il doit en prendre au travail, où est-ce qu'il peut le faire? Si c'est à l'extérieur, cela doit respecter l'individu et ses collègues, de même que la population canadienne », ajoute-t-il.

Le commissaire adjoint Moreau souligne que la GRC peut également remettre en question des traitements médicaux qu'elle juge inappropriés, en demandant un second avis médical. Il ajoute que son service évaluera chaque employé qui a reçu une prescription de marijuana médicale.

Le réseau anglophone de Radio-Canada, CBC, a d'ailleurs appris qu'au moins deux autres employés de la GRC ont obtenu une prescription pour de la marijuana médicale.

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