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Le transport par autobus déborde entre la Rive-Sud et Montréal

28/11/2013 11:43 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST
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city vehicle bus empty seat

Des files d'attente interminables, des passagers debout dans l'allée centrale des autocars, un terminus au centre-ville qui ne suffit plus à la demande... Le transport collectif routier entre la Rive-Sud et Montréal est au bord du point de rupture. Dans les conditions actuelles, il apparaît très difficile d'augmenter l'offre d'autobus pour résorber la congestion automobile.

Un reportage de Thomas Gerbet

Le terminus sous-terrain du 1000, de la Gauchetière ressemble à une fourmilière à l'heure de pointe. Près de 780 autobus, et plus de 21 000 usagers l'empruntent chaque jour. Il peut y avoir jusqu'à cinq déplacements d'autobus à la minute. Depuis plusieurs années, le terminus déborde à l'extérieur. Les passagers de Sainte-Julie, Châteauguay ou encore Salaberry-de-Valleyfield débarquent et embarquent dans la rue.

« On est rendu au point de saturation », constate Jacques Deslauriers, directeur général adjoint aux opérations de la compagnie Gestrans, qui gère et exploite les flottes d'autobus pour le compte de plusieurs conseils intermunicipaux de transport (CIT) de la Rive-Sud. Il aimerait pouvoir augmenter le nombre d'autobus vers Montréal, mais les infrastructures d'accueil de l'Agence métropolitaine de transport (AMT) ne suffisent pas à la demande.

Moratoire sur l'ajout d'autobus

Depuis l'été 2010, l'AMT impose un moratoire sur tout ajout d'autobus au terminus centre-ville. Le problème existe depuis au moins six ans puisqu'un premier moratoire avait été imposé aux organismes de transport en 2007. Une étude de la firme CIMA+ obtenue par Radio-Canada en vertu de la loi d'accès à l'information révélait dès 2006 des problèmes liés aux files d'attente, à l'étroitesse des espaces ou encore à la difficulté de circuler. L'achalandage d'un des quais dépassait même sa capacité d'accueil.

Les passagers sont de plus en plus nombreux et, sur plusieurs lignes, ils voyagent debout dans l'allée centrale des autocars pendant plus d'une demi-heure. La réglementation autorise un passager debout pour chaque rangée de quatre sièges. C'est particulièrement difficile dans le CIT Chamby-Richelieu-Carignan.

Le PDG de l'AMT, Nicolas Girard, met de l'avant les places supplémentaires ajoutées dans les trains de banlieue et la ligne jaune du métro, 9300 au total, mais il n'a pas d'ajout pour les autobus. « Les mesures prises donnent des résultats et nous réévaluons la situation quotidiennement » dit-il.

Un nouveau terminus temporaire au centre-ville

L'AMT n'a pas l'intention de lever le moratoire au terminus centre-ville, mais Nicolas Girard évalue la possibilité « d'avoir un espace supplémentaire pour pouvoir accueillir des autobus au centre-ville ». Selon nos informations, une entente a été conclue avec le propriétaire d'un stationnement aux abords du 1000 de la Gauchetière pour l'utiliser comme terminus temporaire de débordement. Le stationnement lui serait rétrocédé une fois que le Système léger sur rail du nouveau pont Champlain sera en fonction. Une enveloppe de 13 millions de dollars est prévue pour ce projet. L'AMT évalue aussi la possibilité d'utiliser les quais disponibles à l'ancienne gare d'autocars de l'Îlot voyageur, dont elle est maintenant responsable.

De plus en plus d'autocars à deux étages

Pour contourner le moratoire, plusieurs organismes de transports de la Rive-Sud envisagent de multiplier l'achat d'autocars à deux étages. Ils permettent de transporter 90 personnes au lieu de 60. Un essai est en cours sur les lignes de Saint-Jean-sur-Richelieu. Le CIT Chambly-Richelieu-Carignan a approuvé une dépense dans le même sens, il y a quelques jours. Ces autocars ne seront pas disponibles avant l'automne 2014.

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