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Petrolia change de stratégie de communication

28/11/2013 05:54 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

Avec l'arrivée d'un nouveau président-directeur général en septembre dernier, Pétrolia a changé complètement sa politique de communication.

Sous la gouverne d'André Proulx, la compagnie d'exploration était reconnue pour réagir rapidement dans les médias, alors que le nouveau président-directeur général, Myron Tétreault, n'a accordé aucune entrevue depuis son entrée en poste. Une façon de faire, qui représenterait davantage la norme au sein de l'industrie pétrolière.

Pétrolia a multiplié les sorties publiques depuis son arrivée à Gaspé il y a une dizaine d'années, contrairement à ce qui se fait normalement dans l'industrie.

Chaque projet ou percée était expliqué à la population, dans les journaux ou par la poste. Pétrolia avait même fait une longue conférence de presse pour expliquer son départ temporaire de Gaspé en janvier dernier.

Mais le 17 septembre dernier, dans un coup d'éclat, la compagnie annonce le départ de son PDG André Proulx. Aucune explication précise n'est donnée. La directive de son successeur Myron Tétreault est de ne plus accorder d'entrevue, et ce, même s'il apparaît comme personne à contacter au bas des communiqués de presse.

Changement de cap

Le professeur titulaire au Département d'information et de communication de l'Université Laval, Bernard Dagenais, explique ce changement de stratégie de Pétrolia en raison des défis que posent l'opinion publique. « Il avait l'air d'aller de l'industrie pétrolière, donc il s'est pensé conquérant. Et lorsqu'il a affronté les gens de Gaspé et qu'il s'est rendu compte qu'il pouvait y avoir une opinion publique qui lui était défavorable, alors ils se sont rendu compte que l'attaque sur le terrain n'était pas la bonne façon », a-t-il expliqué.

Se positionner dans l'opinion publique reste une opération particulièrement délicate dans ce milieu. Le débat est polarisé et émotif.
Les pétrolières disent respecter les meilleures normes de sécurité, alors que les opposants dénoncent plutôt les catastrophes récentes et le manque d'encadrement des gouvernements.

« Et donc à ce moment-ci, l'industrie pétrolière souffre d'un déficit d'images et d'un déficit de sympathie, donc ils doivent l'augmenter et il y a deux façons de le faire, soit qu'ils jouent profil bas, pour ne pas attiser les heurts, ou soit, ils jouent l'image. C'est ce que fait Enbridge en ce moment au Québec et au Canada; nous on veut tout faire bien, pour que les choses se déroulent de la bonne façon », fait valoir Bernard Dagenais.

Reste à savoir si Pétrolia réagira dans les médias après le dépôt du règlement provincial sur la protection de l'eau potable, attendu d'ici les Fêtes.

D'après le reportage de Martin Toulgoat

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