POLITIQUE

Ottawa vend un manoir diplomatique à Londres pour 530 M $

28/11/2013 04:58 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST
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tower bridge in london uk

OTTAWA - Des questions de sécurité ont influencé la vente du manoir londonien historique qui abrite une partie du haut-commissariat du Canada au Royaume-Uni, un bâtiment vendu pour 530 millions $, a indiqué jeudi le haut-commissaire canadien Gordon Campbell.

M. Campbell souligne toutefois que le gouvernement canadien a réussi à vendre l'édifice, la Macdonald House, sise au 1, Grosvenor Square, au plus offrant, soit le promoteur indien Lodha, installé à Mumbai.

Ce dernier prendra possession de l'imposant bâtiment situé dans le chic quartier de Mayfair en décembre 2014. L'entente a été annoncée jeudi, après que le gouvernement Harper eut indiqué son intention de vendre la propriété plus tôt cette année.

Le Canada prévoit en fait consolider ses activités diplomatiques dans une autre propriété historique, la Canada House, qui donne sur Trafalgar Square, là aussi en plein centre de Londres.

M. Campbell n'a pas voulu dire qui d'autre était intéressé par la Macdonald House, mais il a laissé entendre que l'on s'inquiétait, dans les officines fédérales, de la présence à proximité de l'ambassade d'un autre pays: les États-Unis.

Londres est devenue une terre de prédilection pour des oligarques russes aux poches bien garnies désirant faire l'acquisition de propriétés immobilières, acquérant même le surnom péjoratif de «Londongrad». Les relations entre Washington et Moscou se sont envenimées au cours de la dernière année en raison de la décision de la Russie d'accorder l'asile à Edward Snowden, l'ex-consultant de l'agence américaine de sécurité nationale (NSA), que les États-Unis veulent traduire en justice.

«Nous avons eu plus de 106 visites de la propriété en tant que telle par des investisseurs provenant de partout à travers le monde», a dit M. Campbell à La Presse Canadienne.

«Nous avons dû prendre un grand nombre de décisions, y compris le meilleur prix, le plus faible risque, et la possibilité des risques en matière de sécurité.»

Finalement, poursuit le haut-commissaire, la propriété a été vendue au plus offrant.

Toujours selon M. Campbell, la consolidation de la mission diplomatique canadienne à la Canada House marquera le retour à la «maison traditionnelle du Canada au Royaume-Uni».

Une fois les coûts défrayés pour la rénovation de ce bâtiment, de 150 à 200 millions $ seront rendus au trésor public.

En mars 2012, le ministère des Affaires étrangères avait indiqué son intention de vendre des résidences diplomatiques dans le cadre d'un effort de réduction de ses coûts de 170 millions $.

Des analystes ont toutefois soutenu que ce plan nuirait aux efforts diplomatiques canadiens, alors que le gouvernement tente de multiplier les canaux d'échanges économiques.

L'entente survient au lendemain de l'annonce, en grande pompe, que la nouvelle directive canadienne en matière de politique étrangère serait axée sur les retombées économiques dans les marchés émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil.

Selon Fen Hampson, directeur du programme de sécurité mondiale du Centre for International Governance Innovation à Waterloo, en Ontario, peu importe comment la vente des installations londoniennes est présentée, cela représente une diminution de la présence diplomatique du Canada dans la capitale britannique.

Parmi les autres propriétés canadiennes qui pourraient être vendues à l'étranger, on retrouve l'appartement new-yorkais de l'ambassadeur canadien aux Nations unies, ainsi que des immeubles de luxe aux Pays-Bas, en Corée du Sud et en Italie.