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L'UPAC arrête l'ex-maire de Saint-Constant, son fils et deux hommes d'affaires

28/11/2013 08:24 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le dépistage de la corruption dans le monde municipal s'est poursuivi, jeudi, avec l'arrestation de l'ancien maire de Saint-Constant, en Montérégie, par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

En plus de Gilles Pepin, trois autres personnes ont été arrêtées: le fils de l'ex-maire, Danny Pepin, qui était son agent officiel lors des dernières élections municipales, ainsi que les hommes d'affaires Peter Veres et Benjamin Sternthal.

Ces arrestations sont en lien avec des accusations de fraude dans les affaires municipales, de complot et d'abus de confiance. Selon l'UPAC, ces chefs sont liés à trois volets d'une enquête qui a débuté en 2010 — soit la vente de terrains, la construction d'une bibliothèque et le financement d'un parti politique.

Le ministère des Affaires municipales avait déjà semoncé en 2011 le maire Pepin — qui a été défait aux élections du 4 novembre dernier — pour la manière dont son administration avait agi dans un projet controversé visant à installer une nouvelle bibliothèque dans le centre commercial de M. Veres.

Un mandat d'arrestation a également été émis à l'endroit d'un quatrième suspect, André Roy, qui était recherché jeudi.

Les quatre personnes arrêtées ont été amenées au quartier général de la Sûreté du Québec à Montréal pour interrogatoire. Elles devaient être libérées après interrogatoire sous promesse de comparaître le 29 janvier à Longueuil.

Au total, les accusés dans ce dossier font face à 18 chefs d'accusation.

Une longue liste

Ces arrestations viennent s'ajouter à une liste qui ne cesse de s'allonger depuis deux ans.

À Laval, le maire Gilles Vaillancourt a été arrêté en mai dernier et fait face à une série d'accusations de fraude, complot, abus de confiance, corruption et recyclage des produits de la criminalité mais, surtout à des chefs très graves de gangstérisme, inédits dans le milieu municipal. Vaillancourt avait démissionné de ses fonctions en novembre 2012 alors que se multipliaient les allégations à son endroit.

L'ancien directeur général de la Ville de Laval Claude Asselin, l'ex-directeur général du service d'ingénierie de la Ville Claude Deguise, l'ancien agent officiel du parti de M. Vaillancourt Jean Bertrand, l'entrepreneur Tony Accurso et les ex-dirigeants des firmes de génie Dessau et Genivar Rosaire Sauriol et François Perreault, font partie des nombreux accusés dans ce dossier.

En juin 2013, le maire par intérim de Montréal depuis sept mois, Michael Applebaum, de même que le conseiller municipal de Côte-des-Neiges Saulie Zajdel et le haut fonctionnaire de l'arrondissement Jean-Yves Bisson, étaient arrêtés pour complot, fraude, corruption et abus de confiance. Michael Applebaum n'était maire que depuis le 19 novembre 2012, ayant remplacé le maire démissionnaire Gérald Tremblay sous la promesse d'assurer une transition vers les élections de novembre 2013 sous le signe de l'intégrité.

En décembre 2012, l'UPAC avait appréhendé le maire de Saint-Rémi, en Montérégie. Michel Lavoie avait été le premier maire à être relevé de ses fonctions en vertu de la Loi 10, mais il s'était quand même présenté aux élections du 4 novembre dernier, où il a été battu.

Lavoie a été arrêté de nouveau en octobre dernier, un peu avant les élections. Il fait face à des accusations de fraude, d'abus de confiance et de complot, notamment en lien avec des dossiers présumés de favoritisme dans l'octroi de contrats impliquant son fils, Sébastien Lavoie, et son partenaire d'affaires, Dominic Dorais.

À Mascouche, le maire Richard Marcotte a été arrêté en avril 2012 et accusé de fraude, complot et corruption, notamment. Marcotte, qui a démissionné en novembre 2012 après avoir occupé le poste de maire depuis 1992, avait été parmi les premiers à être associé à l'entrepreneur Tony Accurso dans un dossier criminel, ce dernier étant au nombre des personnes arrêtées en marge de l'enquête de l'UPAC sur Mascouche.

Enfin, à Boisbriand, l'UPAC a procédé à l'arrestation en février 2011 de l'ex-mairesse Sylvie St-Jean, qui fait face à des accusations de fraude, d'extorsion, de corruption et de complot. Lors de cette opération de l'UPAC, l'entrepreneur Lino Zambito ainsi que la vice-présidente de la firme d'ingénierie Roche à Québec, France Michaud, et un autre employé de cette firme, Gaétan Morin, avaient également été interpellés et mis en accusation.

Dans les semaines suivantes, en avril 2011, un autre ancien maire de Boisbriand, Robert Poirier, était arrêté par l'UPAC et accusé de fraude, d'abus de confiance et de complot, relativement à des événements survenus en 2003 et en 2004 alors qu'il était maire de la municipalité de la couronne Nord de Montréal. M. Poirier avait démissionné de la mairie en 2005 à la suite d'allégations d'extorsion en marge d'un dossier de zonage.

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