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L'Union européenne ne renonce pas à son entente avec l'Ukraine

28/11/2013 11:22 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

VILNIUS, Lituanie - Les leaders de l'Union européenne ont tenté, jeudi, de ressusciter une éventuelle entente avec l'Ukraine après que l'ancienne république soviétique eut choqué les 28 membres du bloc en annonçant, à la toute dernière minute, qu'elle n'avait plus l'intention de signer cet accord.

Le président du Conseil européen, Herman van Rompuy, et le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, devaient rencontrer le président ukrainien Viktor Ianoukovitch, quelques heures avant l'ouverture officielle du sommet de Vilnius, pour tenter de l'amener à changer d'idée.

Le président français François Hollande devait lui aussi s'entretenir avec son homologue ukrainien. Le clou du sommet devait être la signature de cette vaste entente politique et commerciale, qui est en préparation depuis des années.

Sous pression de la Russie, M. Ianoukovitch a annoncé la semaine dernière qu'il suspendait la signature de l'entente. Sa décision a provoqué d'importantes manifestations en Ukraine en plus de mettre en péril le projet de l'UE d'attirer ce pays de 46 millions d'habitants dans son orbite et d'allonger son influence jusqu'à la frontière avec la Russie.

Moscou souhaite plutôt voir Kiev se joindre à une alliance différente qui rivaliserait avec l'UE.

L'UE ne baisse toutefois pas les bras et continue à louanger les avantages pour l'Ukraine d'entretenir des liens commerciaux avec le plus important bloc commercial de la planète. L'UE a indiqué que l'entente pourrait être signée à tout moment après le sommet.

«La porte demeure ouverte», a dit le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt.

Pour sa part, le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a affirmé que l'entente ne pouvait que profiter à l'économie de l'Ukraine. «Plus vous êtes prêt à accepter notre aide pour moderniser vos institutions, plus nous sommes généreux», a-t-il dit.

L'Ukraine, de son côté, prend bien soin de ne brûler aucun pont avec l'Europe.

«Je suis certain que la décision prise au sommet (...) sera positive. Nous trouverons une solution», a dit le vice-premier ministre ukrainien Serhiy Arbuzov, ce qui pourrait démontrer que la décision de ne pas signer n'est pas finale.

Des analystes croient que M. Ianoukovitch tente probablement de tout avoir: une entente à long terme avec l'UE et un accord de plus courte durée avec la Russie.

«La position de Ianoukovitch à Vilnius semble être de protéger toutes ses options et d'en ressortir avec quelque chose qu'il pourrait utiliser contre la Russie la semaine prochaine, comme pour obtenir du gaz naturel à bon marché, a dit l'analyste Tim Ash de la Standard Bank de Londres. Il espère probablement obtenir suffisamment de 'bons mots' des leaders de l'UE quant au processus d'intégration de l'UE pour calmer la grogne populaire.»

Cela n'a pas empêché quelque 10 000 personnes de descendre dans les rues de Kiev, jeudi, pour réclamer la signature de l'entente. Les manifestants ont notamment dénoncé la vision à court terme d'un président qui préfère entretenir de bonnes relations avec la Russie plutôt que de rechercher une intégration plus étroite avec l'Europe.

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