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L'ex-PDG de Tourisme Montréal en commission parlementaire

28/11/2013 10:44 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

QUÉBEC - L'Assemblée nationale a décidé jeudi de convoquer des dirigeants de Tourisme Montréal, dont son ex-PDG Charles Lapointe qui a quitté avec une prime de 650 000 $, pour obtenir des explications sur la gestion de l'organisme, critiquée cette semaine dans un rapport du vérificateur général.

Les députés de tous les partis ont appuyé une motion de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour que M. Lapointe et le président du conseil d'administration, Jacques Parisien, soient entendus en commission parlementaire.

Le ministre délégué au Tourisme, Pascal Bérubé, ainsi que la députée libérale Nicole Ménard, qui occupait cette fonction dans le précédent gouvernement, seront aussi convoqués relativement à ce dossier.

Dans un rapport déposé mercredi, le vérificateur général par intérim Michel Samson a mis en lumière plusieurs lacunes dans la gestion de Tourisme Montréal, un organisme sans but lucratif qui reçoit 75 pour cent de ses revenus du gouvernement du Québec, notamment par l'intermédiaire d'une taxe sur l'hébergement.

En plus d'une généreuse prime de départ, lorsqu'il a quitté ses fonctions en août dernier, M. Lapointe a reçu une rémunération annuelle de près de 400 000 $, tout en facturant à l'organisme de nombreuses dépenses injustifiées ou dont la pertinence est remise en question.

Dans le document, M. Samson a indiqué que M. Lapointe, confronté à ses observations, a notamment décidé de rembourser 82 000 $ pour des dépenses injustement défrayées par Tourisme Montréal. L'ex-PDG a aussi contacté les autorités fiscales pour des déductions auxquelles il n'aurait pas eu droit relativement à des dons totalisant 64 000 $.

Selon le vérificateur, la rémunération de l'ancien président a été discutée uniquement avec le président du conseil d'administration, mais pas avec les membres.

Lors d'un point de presse, M. Bérubé a évoqué la possibilité d'exiger à l'avenir plus de précisions dans le rapport annuel de l'organisme concernant la rémunération des dirigeants et les remboursements de dépenses.

«Ça c'est déjà un premier élément que je mets en jeu pour la suite», a-t-il dit.

M. Bérubé a affirmé que le gouvernement n'a aucun recours concernant la rémunération du PDG actuel, Yves Lalumière, similaire à celle de M. Lapointe, puisque Tourisme Montréal est un organisme autonome.

«On n'a aucun pouvoir sinon que de questionner l'utilisation de la taxe sur l'hébergement, a-t-il dit. Le conseil d'administration aura à répondre sur les conditions qui ont été offertes à M. Lapointe et jusqu'à maintenant la défense offerte par Tourisme Montréal m'apparaît plutôt faible.»

Selon le ministre, en comparant la rémunération de son premier dirigeant avec celles d'autres organismes, Tourisme Montréal ne convainc pas.

«C'est beaucoup, c'est beaucoup, si je regarde les comparables dans mon ministère, comme le PDG du Centre des congrès de Québec ou du Palais des congrès de Montréal, c'est autour de 160 000 $, a-t-il dit. Est-ce qu'un PDG de Tourisme Montréal devrait avoir beaucoup plus, je me pose la question, le vérificateur trouve ça excessif, je le trouve aussi.»

La députée caquiste Denise Trudel, qui a présenté la motion, a déclaré que la commission de l'économie et du travail, qui entendra les personnes convoquées, devrait présenter son rapport le 11 février prochain, à la reprise des travaux parlementaires.

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