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Des personnes âgées ou malades perdent le soutien de Centraide

28/11/2013 06:57 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

En Montérégie, les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, de sclérose en plaques ou en perte d'autonomie viennent chercher du réconfort à la Maison des Tournesols ou à l'Association Sclérose en plaques Rive-Sud. Mais ces deux organismes vont perdre en 2014 leur subvention de Centraide, qui souhaite orienter sa mission vers d'autres besoins.

Un reportage de Myriam Fimbry

C'est un rayon de soleil dans le quotidien de personnes vieillissantes qui voient chaque jour leurs facultés décliner. Une bouffée d'oxygène, aussi, pour leurs proches.

La Maison des Tournesols offre un centre de jour, des ateliers d'art et de la stimulation, pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou les personnes âgées en perte d'autonomie. Elle offre aussi du soutien individualisé pour les familles et sert 7000 dîners communautaires par an.

Mais voilà, son budget sera amputé de 20 % pour la prochaine année financière. Elle perdra une subvention de Centraide de l'ordre de 100 000 $.

Besoins croissants en Montérégie

Gaëtanne Beaulieu, la dynamique directrice générale, s'inquiète de ce manque à combler. « Notre organisme n'est pas en péril cette année, mais notre préoccupation est d'arriver à maintenir les services actuels, qui déjà n'arrivaient pas à répondre aux besoins croissants. »

Les usagers viennent d'un vaste territoire : Longueuil, Brossard et Saint-Lambert. Par ailleurs, le vieillissement de la population est plus marqué en Montérégie que dans l'ensemble du Québec.

Trouver d'autres sources de financement

C'est d'autant plus contrariant pour Gaëtanne Beaulieu que les bâtiments tout neufs de la Maison des Tournesols ont été construits après une importante collecte de fonds, pour recevoir plus de monde. « Nous avons de longues listes d'attente ». La maison libre d'hypothèque est le fruit de six ans de campagne de financement.

Ce sera difficile de demander aux donateurs de remettre la main à la poche.

Association Sclérose en plaques Rive-sud

De son côté, l'Association Sclérose en plaques Rive-Sud, fondée en 1976, perdra près du tiers de son budget. Il lui a fallu supprimer en novembre 3 postes sur 10 et elle s'est complètement restructurée. Elle compte sur 200 bénévoles mais prévoit devoir réduire les services, sans pouvoir encore dire lesquels. Le journal interne sera désormais diffusé sur Internet, même si plusieurs membres âgés préfèrent le papier.

Louise Patenaude travaille pour l'association comme intervenante en milieu de vie. Elle-même atteinte de sclérose en plaques, elle se rend régulièrement dans 19 centres d'hébergement, au nom de l'organisme. « 80 % des gens que je visite n'ont jamais de visite. Je suis la seule à aller les voir. Donc si moi je ne suis plus là, ils n'ont plus personne. »

La directrice générale Nancy Caron regrette de perdre un financement versé depuis trois décennies et qui s'élevait cette année à 115 000 $. Elle prévoit des jours difficiles pour la collecte de fonds.

Les citoyens et les entreprises ont été très sollicités cette année. Après la tragédie de Lac-Mégantic, puis le typhon aux Philippines, c'est bientôt la Guignolée. « C'est difficile de concurrencer Centraide qui est déjà bien implanté dans les grandes entreprises », fait remarquer Nancy Caron.

La position de Centraide

Centraide a redéfini ses priorités en 2011 et a décidé d'exclure les organismes œuvrant en santé physique, pour se concentrer sur les enfants, les jeunes, les familles et les femmes monoparentales. Selon une étude du Centre de recherche sur les inégalités sociales, ce sont les personnes les plus touchées par la pauvreté.

Centraide a rencontré les dirigeants des organismes concernés dès 2011 et leur a garanti la subvention jusqu'en 2014, pour leur permettre de se préparer à cette échéance.

Sur 369 organismes au total financés par Centraide dans le Grand Montréal, il n'en reste plus que 21, dont la mission s'adresse spécifiquement aux personnes âgées.

D'autres organismes touchés

Sept autres organismes à Montréal sont touchés par cette mesure. Ainsi, l'Organisme multiressources d'aide aux personnes atteintes de cancer (OMPAC) a été obligé de fermer ses portes, en décembre 2012, faute de financement suffisant.

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L'Agence de santé sollicitée

Les deux organismes ont frappé à la porte de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie, en espérant qu'elle puisse prendre le relais. Mais il sont repartis bredouilles. L'Agence leur a expliqué à l'époque qu'elle vivait des compressions budgétaires.

Toutefois, la ministre délégué Véronique Hivon vient d'annoncer un rehaussement du financement des organismes communautaires en santé et services sociaux, de 120 millions sur trois ans, pour tout le Québec. Ce montant sera réparti entre toutes les Agences de la santé. À suivre...

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