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De nouveaux affrontements font au moins un mort en Égypte

28/11/2013 01:02 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Les forces de sécurité en Égypte ont arrêté un activiste politique de premier plan pour avoir supposément incité des gens à défier une nouvelle loi requérant que les manifestations obtiennent l'approbation préalable des autorités, a soutenu sa famille.

La famille d'Alaa Abdel-Fattah a indiqué qu'il avait été arrêté jeudi soir à son domicile au Caire. Son père, Ahmed Seif al-Islam, un avocat bien connu, a soutenu que la police avait tabassé l'épouse de son fils et confisqué leurs ordinateurs portables.

L'épouse d'Alaa Abdel-Fattah, Manal Bahy Eldin, écrivait sur Twitter: «Si la police m'a tabassée alors que j'étais chez moi, que pourrait-il faire à Alaa? Je m'inquiète beaucoup pour lui.»

Alaa Abdel-Fattah avait acquis une certaine notoriété lors du soulèvement de 2011 ayant mené au retrait du pouvoir du président de longue date Hosni Moubarak.

Une détention précédente du militant avait déclenché de forts mouvements de protestation contre les militaires.

Un responsable du ministère de l'Intérieur a confirmé l'arrestation d'Alaa Abdel-Fattah, sous le couvert de l'anonymat.

La soeur du militant, Mona Seif, figure parmi les femmes abandonnées au milieu du désert cette semaine après avoir été arrêtées lors d'une manifestation.

Les forces de l'ordre égyptiennes ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau jeudi pour disperser des étudiants et des partisans du président islamiste déchu Mohammed Morsi qui manifestaient devant une université du Caire, provoquant des affrontements qui ont fait au moins une victime.

Le principal responsable de la sécurité au pays a promis de répondre vigoureusement à ceux qui contreviendront à une nouvelle loi qui interdit toute manifestation n'ayant pas été préalablement autorisée par la police.

Les partisans de Morsi ont manifesté à l'Université du Caire pour dénoncer le verdict sévère rendu mercredi à l'endroit de jeunes manifestantes, qui dans certains cas ont écopé de 11 ans de prison.

Les manifestants ont éventuellement quitté le campus de l'université pour défiler le long d'une des principales artères de la ville, provoquant des affrontements avec la police.

Au moins un étudiant a été tué lors de ces violences, selon ce qu'a révélé un responsable sous le couvert de l'anonymat. Un représentant du ministère de la Santé a quant à lui indiqué que huit personnes ont été blessées.

La manifestation a été organisée en dépit de la nouvelle loi. Les participants s'exposent à des amendes et à des peines de prison.

Jeudi, le ministre de l'Intérieur, le général Mohammed Ibrahim a prévenu que les forces de l'ordre «répondront à toute violation et réagiront vigoureusement à toute tentative de paralyser les routes, de bloquer les installations publiques, d'interférer avec les déplacements des citoyens ou de nuire à leurs intérêts».

La nouvelle loi a provoqué la colère des groupes de jeunes et des libéraux, ainsi que celle de certains alliés du gouvernement intérimaire appuyé par l'armée. Les policiers ont arrêté des dizaines de militants plus tôt cette semaine.

Jeudi, 24 manifestants épinglés mardi ont scandé «À bas la gouverne militaire» lors de leur comparution devant la justice. Ils ont indiqué avoir l'intention de faire une grève de la faim jusqu'à ce que le gouvernement abolisse la loi. Un juge les a renvoyés en détention pour 15 jours.

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