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Commission Charbonneau: «le party est fini» à la SOLIM en 2009, dit Vincent

28/11/2013 10:30 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Dans les extraits d'écoute électronique entendus jeudi à la Commission Charbonneau, la filière Denis Vincent, Jean Lavallée, Tony Accurso et Guy Gionet, ex-président de la SOLIM, est clairement exposée et identifiée. Et en mai 2009, M. Vincent constate avec désolation que pour le groupe, la récréation est terminée.

«D'après moi, le party est fini», s'exclame Denis Vincent, dans un de ces extraits qui date de mai 2009.

M. Vincent est un intermédiaire qui soumettait des projets à la SOLIM, le bras immobilier du Fonds de solidarité de la FTQ. Les policiers l'ont identifié comme une relation de certains Hells Angels, qui s'est même rendu à une de leurs fêtes, à Grand-Mère.

C'est la désolation pour eux parce que Jean Lavallée, ex-président de la FTQ-Construction qui siégeait à la SOLIM, a quitté et que Guy Gionet vient d'être suspendu de son poste pour une enquête interne, puis finira par quitter. La filière Vincent-Lavallée-Accurso-Gionet, donc, se désintègre.

«La marde est pognée dans la grosse fan», lance Denis Vincent.

Puis il annonce à son interlocuteur que les dirigeants du Fonds «ont mis Gionet à la porte» et il l'appelle «mon président de SOLIM».

«C'est un gars avec toi, ça?» lui demande son interlocuteur.

«Bien oui, avec moi, pis Tony (Accurso), pis Johnny (Lavallée)», lui répond Denis Vincent.

Étonnamment, M. Vincent identifie l'entrepreneur en construction Tony Accurso comme un des fondateurs du Fonds de solidarité, avec Louis Laberge —longtemps président de la FTQ et véritable fondateur du Fonds —et Jean «Johnny» Lavallée.

Selon l'enquêteur de la commission Michel Comeau, qui a présenté ces extraits, MM. Accurso, Gionet, Vincent et Lavallée sont encore en relation aujourd'hui, bien que MM. Gionet et Lavallée n'occupent plus de poste à la SOLIM, au Fonds, à la FTQ ou à la FTQ-Construction.

Dans ces conversations qui datent de 2009, Denis Vincent s'en prend aussi à l'actuel président-directeur général du Fonds de solidarité, Yvon Bolduc, parce qu'il veut faire le ménage à la SOLIM. M. Vincent le traite de «dangereux», de «traître» à cause de cette volonté qu'il a de se défaire des dossiers toxiques, dont ceux qui sont associés justement à Denis Vincent.

Il veut même rencontrer l'ancien président de la FTQ, Henri Massé, pour qu'il parle à Yvon Bolduc afin de calmer ses ardeurs de nettoyage. M. Massé a pourtant quitté la présidence de la FTQ en novembre 2007.

La juge France Charbonneau a demandé au procureur du Fonds de solidarité de la FTQ, Me André Ryan, de lui donner une preuve par écrit du fait que le Fonds et sa division immobilière n'ont plus aujourd'hui de dossiers auxquels est associé Denis Vincent.

Finalement, le Fonds de solidarité a diffusé un communiqué dans lequel il affirme qu'il ne fait plus affaires avec Denis Vincent. Le Fonds «confirme que ni le Fonds immobilier ou encore le Fonds lui-même n'est actuellement impliqué avec l'individu précité». Il ajoute que «les quelques dossiers qui avaient été conclus avec cette personne ont tous été désinvestis de façon ordonnée».

Fait à noter, dans un extrait d'écoute téléphonique entendu mercredi, M. Accurso avait affirmé au président de la FTQ, Michel Arsenault, qu'il refusait catégoriquement de faire des affaires avec Denis Vincent. M. Accurso disait que les affaires de Vincent n'étaient pas claires, le qualifiait de «sangsue» à la recherche de «commissions».

Or, MM. Accurso et Vincent font partie du quatuor identifié par M. Vincent lui-même, dans les nouveaux extraits entendus jeudi, avec MM. Gionet et Lavallée.

En après-midi, l'homme d'affaires Louis-Pierre Lafortune a témoigné en non-publication. Il devrait revenir lundi matin.

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