POLITIQUE

Charte: Bernard Drainville annule sa visite à l'université Concordia (VIDÉO)

28/11/2013 07:46 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, ne prendra pas part à un débat sur la charte de la laïcité à l'Université Concordia par crainte des débordements qui pourraient s'y produire.

« J'ai pris la décision de ne pas participer au débat afin d'éviter que des incidents disgracieux viennent ternir la discussion autour de la charte, discussion qui s'est jusqu'ici déroulée pour l'essentiel dans le calme, la tolérance et le respect », explique le ministre dans un communiqué.

Un groupe de pression opposé à charte de la laïcité s'était en effet mobilisé pour réserver un comité d'accueil à Bernard Drainville, qui avait confirmé sa présence à l'événement.

Le ministre devait débattre, à l'invitation de l'Association étudiante des cycles supérieurs (GSA), du projet de loi 60 avec l'ex-ministre libérale Kathleen Weil et l'ancien président de Québec solidaire André Frappier.

Questionné par les journalistes sur les raisons de son absence à ce débat, le ministre a expliqué que les organisateurs de la manifestation ont refusé de s'engager à ne pas perturber le débat. « Voyant cela, j'ai pensé d'abord aux étudiants qui vont assister à ce débat, j'ai pensé aux panélistes également », a expliqué Bernard Drainville.

Le ministre a poursuivi en expliquant que l'université n'était pas en mesure d'assurer la sécurité de tous lors de l'événement et qu'il valait mieux par conséquent ne pas risquer d'incident ou d'événement fâcheux.

Un projet de charte qualifié de « xénophobe »

Le Groupe de recherche d'intérêt public du Québec (GRIP), qui entend participer au débat ouvert au public, reproche au ministre Drainville et à la première ministre Pauline Marois « d'instrumentaliser les fausses peurs » des Québécois par pur électoralisme.  Le GRIP est représenté par le militant Jaggi Singh, qui s'était illustré lors des manifestations du sommet de Québec sur la zone de libre-échange des Amériques, en 2001. 

Le groupe, qui qualifie le projet de charte de « xénophobe », refuse de préciser s'il entend perturber l'événement. « Pour le moment, nous appelons un rassemblement [...] sur un campus où il y a une grande opposition à la charte. Pour le moment, il n'y a aucune intention au-delà de ça », a affirmé M. Singh, qui agit à titre de coordonnateur au GRIP.

Le responsable des campagnes de la GSA, David Clos-Sasseville, soutient que la présence de détracteurs du projet de charte est tout à fait conforme avec la perspective démocratique dans laquelle l'organisme organise le débat. « Le but, au départ, c'était d'ouvrir un espace où [les invités] pourraient exprimer directement la position de leur parti sans passer par le filtre médiatique, mais surtout pour que les gens puissent poser des questions », a-t-il expliqué.

Malgré les appels au calme, plusieurs débats sur le projet de charte de la laïcité ont tourné court.

Un débat a notamment dérapé à l'Université du Québec à Montréal samedi dernier. Le député de Québec solidaire Amir Khadir de même que la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi, ont décidé de quitter l'endroit avant la fin des échanges.

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