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Un comité d'accueil pour le ministre Drainville à Concordia

27/11/2013 03:31 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

La présence de Bernard Drainville à l'Université Concordia, ce jeudi, ne passera pas inaperçue : une organisation militante reliée à l'institution a mis sur pied un comité d'accueil pour celui qui pilote le dossier de la charte de la laïcité.

Le ministre responsable des Institutions démocratiques doit participer à un débat sur le projet de loi 60 aux côtés de la députée libérale Kathleen Weil et d'André Frappier, ancien président de Québec solidaire.

Le débat est ouvert au public, et le Groupe de recherche d'intérêt public du Québec (GRIP) à Concordia a bien l'intention de se prévaloir de son droit de parole.

En entrevue avec La Presse Canadienne, le militant Jaggi Singh a soutenu qu'il était primordial de dénoncer ce projet de charte, qu'il a qualifié de « xénophobe ».

« On sait très bien que beaucoup de monde n'aime pas utiliser ce mot en décrivant la charte, mais c'est clair que Bernard Drainville, Pauline Marois et le gouvernement du Parti québécois ont instrumentalisé les fausses peurs [...] pour un calcul électoral », a-t-il lancé au bout du fil.

Il a refusé de préciser si l'objectif du rassemblement était de perturber la tenue de l'événement, organisé par l'Association étudiante des cycles supérieurs de Concordia (GSA).

« Pour le moment, nous appelons un rassemblement [...] sur un campus où il y a une grande opposition à la charte. Pour le moment, il n'y a aucune intention au-delà de ça », a affirmé M. Singh, qui agit à titre de coordonnateur au GRIP.

Vers la fin de l'après-midi, mercredi, plus de 150 personnes avaient manifesté leur intention de prendre part au rassemblement du GRIP sur la page Facebook créée spécialement pour l'événement.

C'est près du double du nombre d'internautes - environ 80 - qui ont répondu à l'invitation de la GSA en prévision du débat intitulé « Quebec Charter of Values : A Way Forward or A Step Backwards? » (« La charte des valeurs du Québec : une voie d'avenir ou un pas en arrière? »).

Le responsable des campagnes de la GSA, David Clos-Sasseville, a fait valoir que « dans une perspective démocratique », la présence des détracteurs de la mesure législative était tout à fait justifiée.

« Le but, au départ, c'était d'ouvrir un espace où (les invités) pourraient exprimer directement la position de leur parti sans passer par le filtre médiatique, mais surtout pour que les gens puissent poser des questions », a-t-il exposé en entrevue téléphonique.

Au cabinet de Bernard Drainville, on a demandé à l'établissement universitaire « des garanties » à l'effet que la sécurité des participants et des panélistes serait assurée, a indiqué mercredi soir l'attaché du ministre, Manuel Dionne.

L'Université Concordia n'a pas voulu préciser si des mesures spéciales seront prises sur le plan de la sécurité afin d'assurer le bon déroulement de l'activité ou d'intervenir en cas de débordement.

La directrice des relations avec les médias de l'institution, Christine Mota, a écrit dans un courriel que l'établissement effectuait une révision de « tous les projets et activités devant se tenir à l'université », mais a refusé de se prononcer sur celui-ci en particulier.

« Chaque événement est différent et nous ne rendons pas publiques nos mesures sécuritaires, puisque cela pourrait entraver le travail du personnel de sécurité », a-t-elle écrit.

Aussitôt que les premières bribes d'information sur le projet de charte ont commencé à couler dans les médias, l'été dernier, les députés péquistes et la première ministre Pauline Marois ont affirmé sur toutes les tribunes qu'ils souhaitaient un débat de société respectueux et calme.

La conversation a néanmoins tourné au vinaigre à différentes reprises et en divers endroits.

Samedi dernier, à l'Université du Québec à Montréal, un débat a dérapé et s'est conclu par le départ précipité d'Amir Khadir, député de Québec solidaire, et d'Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec.

La Presse Canadienne

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