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Égypte: des manifestantes pro-Morsi écopent de lourdes peines d'emprisonnement

27/11/2013 03:50 EST | Actualisé 27/01/2014 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Les autorités égyptiennes ont durci le ton, mercredi, par rapport à leurs opposants, imposant de lourdes peines de prison à des partisanes du président déchu Mohammed Morsi et ordonnant la mise en détention provisoire d'une vingtaine d'activistes laïcs, tous accusés d'avoir participé à des manifestations.

Selon les critiques, ces décisions témoignent de la volonté du gouvernement intérimaire à faire taire les dissidents, à poursuivre la répression contre les islamistes amorcée dans la foulée du coup d'État militaire du 3 juillet et à museler les militants séculiers qui ont soutenu la destitution du président Morsi mais qui accusent maintenant les autorités de vouloir remettre en place un système autocratique semblable à celui de Hosni Moubarak.

Les images captées, mercredi, dans une salle d'audience d'Alexandrie montrent les 21 jeunes militantes pro-Morsi dans la cage des défendeurs, coiffées d'un voile blanc et menottées. Parmi elles figurent sept adolescentes âgées de 15 et 16 ans, que le tribunal a envoyées derrière les barreaux jusqu'à leur majorité. Les autres membres du groupe, âgées entre 18 et 22 ans, ont reçu une peine de 11 ans d'emprisonnement.

Les jeunes filles avaient été arrêtées le 31 octobre alors qu'elles manifestaient à Alexandrie pour réclamer le retour de Mohammed Morsi et dénoncer le coup d'État. Elles ont été reconnues coupables de plusieurs accusations, dont participation à une manifestation, sabotage et usage de la force. Six membres des Frères musulmans ont été condamnés à 15 ans de prison pour avoir organisé le rassemblement.

Par ailleurs, le bureau du procureur général de l'Égypte a ordonné, mercredi, que 24 personnes arrêtées durant des rassemblements laïcs tenus mardi soient détenues pendant quatre jours pour être interrogées afin de déterminer si elles ont enfreint la nouvelle loi encadrant les manifestations.

Promulguée la semaine dernière, cette loi interdit tout rassemblement politique public de plus de 10 participants sans l'accord préalable de la police, imposant des amendes salées et des peines d'emprisonnement sévères aux contrevenants. Les autorités égyptiennes ont fait valoir que cette législation était nécessaire pour mettre un terme aux manifestations des fidèles de M. Morsi et ramener le calme dans un pays constamment secoué par des soulèvements depuis le renversement de Moubarak en 2011.

L'attitude du gouvernement n'a pas empêché une centaine de jeunes activistes de manifester, mercredi, dans le centre-ville du Caire contre les autorités. «Ceux qui pensent que le style autoritaire et pharaonique fonctionne vont découvrir que ce n'est plus le cas, a déclaré la militante Laila Soueif. Il y aura une troisième vague révolutionnaire beaucoup plus violente que les précédentes. Nous sommes à un moment décisif.»

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