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Assurance-emploi: moins de 1% des refus liés à la réforme, soutient Ottawa

27/11/2013 01:17 EST | Actualisé 27/01/2014 05:12 EST

OTTAWA - Durement attaqué sur sa réforme de l'assurance-emploi, le gouvernement conservateur a tenté de la justifier avec de nouveaux chiffres: selon le ministre de l'Emploi Jason Kenney, moins de un pour cent des refus sont attribuables aux nouvelles règles.

Le gouvernement a dévoilé ses chiffres le jour même où le rapport Duceppe-Marsolais sur l'assurance-emploi était rendu public à Québec.

Mais les partis de l'opposition à Ottawa ont immédiatement remis en question la crédibilité des statistiques du gouvernement, exigeant qu'elles soient rendues publiques.

Le gouvernement Harper a été critiqué de toutes parts pour sa réforme, notamment par Québec. Ses détracteurs dénonçaient le fait que les chômeurs seraient privés de prestations s'ils refusaient un emploi à une heure de route de chez eux, ou un boulot bien en-deçà du salaire qu'ils gagnaient avant de perdre leur emploi.

Le gouvernement a tenté à de nombreuses reprises de démontrer que cette interprétation était fausse.

Selon ses chiffres dévoilés mercredi, moins de un pour cent des refus de l'assurance-emploi seraient reliés à un manquement à l'obligation de chercher un emploi convenable ou d'accepter un emploi convenable.

Cette statistique serait basée sur 380 refus sur un total de 698 000 à travers le pays, lors des sept premiers mois de 2013. Au Québec, il y aurait eu 160 refus attribuables aux nouvelles règles sur un total de 187 000 refus, pendant les huit premiers mois de cette année.

Selon le ministre, les demandes ont été surtout rejetées — 80 pour cent de l'augmentation des refus — pour des gens qui se trouvaient à l'extérieur du pays.

«On ne peut pas accepter l'assurance-emploi sur une plage en Floride ou à Cuba», a lancé M. Kenney­.

«Dans toutes les audiences de cette commission-là (Duceppe-Marsolais), les militants syndicaux ont dit que c'était la fin des prestations pour les travailleurs saisonniers. Ce n'était pas du tout la vérité, c'était un mensonge total», a dit le ministre Kenney avant d'entrer aux Communes mercredi.

«Plus de 99 pour cent des demandeurs reçoivent les prestations. Ça n'a pas affecté la grande majorité des personnes», a-t-il dit.

Pourquoi alors la réforme? s'est-il fait demander.

Pour éliminer le recours aux travailleurs étrangers, a résumé le ministre. «On a vu de plus en plus d'entreprises qui ont dit qu'il y avait une augmentation du nombre de personnes qui acceptaient des emplois», a répondu du tac au tac M. Kenney, vraisemblablement bien préparé pour ce point de presse.

M. Kenney admet qu'il est «trop tôt pour avoir des chiffres détaillés», mais estime que les anecdotes des entreprises montrent que les attentes ont été comblées.

Le député néo-démocrate Robert Aubin n'en revient tout simplement pas que le ministre parle de réforme mineure.

«C'est la première fois que j'entends ça de tous les intervenants qui travaillent en matière d'assurance-emploi. C'est tout à fait non crédible», estime-t-il.

Il exige de voir les chiffres pour les vérifier.

Quant au député bloquiste André Bellavance, il invite le ministre à venir constater avec lui la réalité sur le terrain.

«Le ministre Kenney est encore allé avec les gros préjugés que les gens qui touchent l'assurance-emploi ou qui sont refusés à l'assurance-emploi, ce sont ceux qui s'en vont en vacances à Cuba ou ailleurs, au Mexique, ou peu importe», déplore-t-il.

«Les travailleurs saisonniers sont touchés. C'est un fait», affirme M. Bellavance. Selon lui, plus de 50 pour cent des travailleurs ont subi les conséquences de la réforme.

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