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VG: la Marine pourrait manquer de navires en raison d'un budget trop serré

26/11/2013 04:33 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

OTTAWA - Le Canada risque d'avoir ni le type ni le nombre de navires militaires nécessaires à sa flotte en raison de l'intransigeance budgétaire du gouvernement Harper et de son incapacité à faire ses devoirs en matière de politique de défense nationale, prévient le vérificateur général du Canada.

Michael Ferguson a livré, dans un rapport publié mardi, le fruit de ses réflexions sur la Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale, et ses quelques premiers projets qui, s'ils figurent déjà sur la liste des dossiers en attente, n'en sont qu'au stade de la planification.

Il affirme que la stratégie d'ensemble est bien exécutée, félicitant le gouvernement pour le processus consultatif dans l'élaboration de l'entente cadre, et affirmant que des mécanismes de surveillance ont bel et bien été mis en place pour protéger les contribuables. Mais le gouvernement fédéral fait preuve d'une trop grande rigidité sur certains aspects qui pourraient nuire à la Marine royale canadienne à plus long terme, soutient-il.

M. Ferguson rappelle que les navires n'ont toujours pas été dessinés et que le processus de renouvellement de la flotte de frégates et de contre-torpilleurs n'en est qu'aux étapes préliminaires pour l'instant.

Il reste que l'enveloppe de 26 milliards $ prévue pour l'acquisition de 15 navires — qui doivent remplacer l'actuelle flotte — semble insuffisante à la lumière des informations disponibles, affirme-t-il.

Les budgets alloués au renouvellement de la flotte de frégates et au programme de patrouille navale dans l'Arctique n'ont pas été révisés ni revus à la hausse depuis plus de cinq ans, en dépit de la hausse des coûts des matériaux et de la main-d'oeuvre, mentionne M. Ferguson.

On ignore donc le nombre exact de navires qui pourront être construits dans le cadre de la stratégie actuelle, et les contraintes budgétaires en vigueur pourraient forcer la Marine canadienne à réduire la taille de sa flotte en-deçà de ses besoins.

M. Ferguson explique dans son rapport que pour respecter le budget établi, la Marine a accepté des compromis sur la capacité militaire des navires de patrouille de l'Arctique et des navires de ravitaillement de l'armée, dont le renouvellement était déjà prévu.

Selon lui, la stratégie d'ensemble, qui prévoit un total de 34 milliards $ sur 30 ans, a besoin d'une surveillance serrée pendant tout le processus mais aussi d'un assouplissement budgétaire.

Accueillant favorablement le rapport du vérificateur général, la ministre fédérale des Travaux publics, Diane Finley, a déclaré dans un communiqué qu'il était encore «très tôt» pour identifier les possibles ajustements — s'il devait y en avoir — à apporter au processus.

La Ligue navale du Canada ne l'entend toutefois pas de cette oreille. Le vice-amiral à la retraite Ron Buck estime qu'il est temps de tenir un débat public non seulement sur les budgets alloués mais aussi sur le type de navires militaires que les Canadiens souhaitent pour la Garde côtière et les missions canadiennes outre-mer.

Et tout cela commence, comme l'a précisé M. Ferguson, avec une politique détaillée de défense nationale, a soutenu M. Buck.

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