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Une Torontoise devra décider si elle témoignera sans son niqab

26/11/2013 08:01 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

TORONTO - Un long combat judiciaire concernant une femme ayant bataillé pour le droit de porter un niqab pour témoigner contre deux hommes qu'elle accuse de l'avoir agressée sexuellement pourrait se conclure au début de l'année prochaine.

Un juge a déterminé plus tôt cette année que la femme devait retirer son niqab — voile intégral qui dissimule le visage à part les yeux — car celui-ci masque son langage non verbal et compromet tant l'efficacité d'un contre-interrogatoire que l'évaluation de sa crédibilité en tant que témoin.

L'avocat de la femme, David Butt, a indiqué qu'après qu'elle eut décidé ne pas porter le jugement en appel, il a proposé une autre solution — soit qu'elle témoigne sans son niqab afin que le juge, les avocats et le personnel de la cour puissent la voir ainsi.

La Torontoise, qui peut seulement être identifiée par les lettres N.S. en raison d'une ordonnance de non publication, allègue que deux hommes l'ont agressée sexuellement sur une période de cinq ans alors qu'elle était enfant.

Me Butt a indiqué que les avocats des deux hommes s'étaient opposés à cette solution, et que le juge avait ordonné un compromis à la fin de la semaine dernière — soit que N.S. témoigne sans son niqab afin que le juge, les avocats, le personnel de la cour, mais aussi les hommes accusés soient en mesure de la voir ainsi.

L'enquête préliminaire sur les accusations d'agressions sexuelles doit reprendre le 13 janvier, et Me Butt a affirmé que sa cliente devra décider à ce moment si elle accepte ces conditions et si elle veut témoigner.

L'enquête a été gelée pendant cinq années, alors que l'enjeu du port du niqab s'est rendu jusqu'en Cour suprême du Canada.

Le plus haut tribunal a été considérablement divisé à savoir si une femme peut porter le niqab pour témoigner. Ainsi, la Cour suprême a affirmé l'importance tant de la liberté de religion que celle des droits d'un accusé à un procès équitable, et a renvoyé la question au juge de l'enquête préliminaire avec une analyse en quatre étapes à être utilisée dans de telles situations.

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