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Les États-Unis envoient deux avions dans la nouvelle zone aérienne de la Chine

26/11/2013 09:49 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

Deux bombardiers américains B-52 non armés ont survolé les îles Senkaku-Diaoyu, objets d'un conflit territorial sino-japonais, sans en informer Pékin, qui avait annoncé ce week-end la mise en place d'une « zone de défense » dans l'espace aérien de l'archipel, a fait savoir mardi le Pentagone.

Ce survol qui s'est déroulé lundi soir dans le cadre d'une mission d'entraînement n'a donné lieu à aucune réaction chinoise, selon le département américain de la Défense. La Maison-Blanche a quant à elle invité la Chine à résoudre son contentieux avec Tokyo sans recourir « à des menaces ni à des propos incendiaires ».

Les autorités chinoises ont menacé samedi de prendre des « mesures défensives d'urgence » contre les avions qui ne respecteraient pas leurs nouvelles règles d'identification dans l'espace aérien des îles Senkaku-Diaoyu.

Elles requièrent notamment que les plans de vol soient fournis au préalable à l'aviation civile chinoise ou au ministère des Affaires étrangères, qu'un contact radio soit maintenu et que les équipages répondent rapidement aux demandes d'identification.

« La politique annoncée ce week-end par les Chinois est inutilement incendiaire », a déploré Josh Earnest, porte-parole de la Maison-Blanche, lors d'une conférence de presse en Californie, où il accompagne Barack Obama.

« C'est le type de divergences qui ne doit pas être traité par des propos incendiaires, mais qui peut et qui doit être résolu par la voie diplomatique », a-t-il ajouté.

Aucune réaction

« Nous avons conduit des opérations dans la région des Senkaku [nom japonais des îlots] », a déclaré le colonel Steve Warren, porte-parole du département américain de la Défense.

« Nous avons continué à suivre les procédures normales, ce qui veut dire ne pas fournir de plans de vol, ne pas s'annoncer par radio ni enregistrer nos fréquences. »

Il n'y a eu aucune réaction de la part des Chinois, a-t-il ajouté.

Le vice-président Joe Biden est attendu au Japon en début de semaine prochaine et doit également se rendre en Chine puis en Corée du Sud.

Le gouvernement japonais de Shinzo Abe a mis en garde contre les conséquences imprévisibles de la mise en œuvre des nouvelles mesures chinoises. Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a quant à lui parlé de « tentative de déstabilisation pour modifier le statu quo existant dans la région ».

Les deux principales compagnies aériennes du Japon, ANA et Japan Airlines, ont par ailleurs accédé à la demande du gouvernement japonais qui les a invitées à ne plus soumettre leurs plans de vol à la Chine pour la zone contestée.

Les deux compagnies informaient depuis samedi les autorités chinoises du passage de leurs appareils au-dessus de cette zone de mer de Chine orientale. Elles comptent cesser de le faire à partir de mercredi.

Lundi, les autorités aéroportuaires de Hong Kong et de Taïwan ont fait savoir que leurs avions entrant dans la nouvelle « zone de défense » devaient soumettre les plans de vol aux Chinois.

À Séoul, le ministère des Transports a indiqué que les appareils sud-coréens feraient de même.

Reuters

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