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Les péripéties du projet Tipi à Québec relatées devant la Commission Charbonneau

26/11/2013 03:22 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Devant la Commission Charbonneau, mardi, un ex-directeur de comptes au sein du Mouvement Desjardins, Richard Gagnon, a expliqué les péripéties du projet Tipi, un projet que la SOLIM, le bras immobilier du Fonds de solidarité, s'était au départ engagée à soutenir.

Le projet Tipi, du promoteur Laurent Gaudreau, visait à construire une salle de spectacles et à y produire des spectacles, au pied des chutes Montmorency, à Québec. C'est en 2004 que le projet avait été présenté à M. Gagnon.

La SOLIM s'était engagée à y investir 3 millions $, alors que Desjardins devait accorder un prêt de 8 millions $ garanti par Investissement Québec. Finalement, le projet n'a jamais vu le jour et la SOLIM s'est retirée en 2008.

M. Gagnon, un directeur de comptes expérimenté, a témoigné du fait que dès le départ, il était inusité qu'une somme de 2,6 millions $ de la SOLIM soit versée au compte de Productions Tipi plutôt que dans un compte en fiducie.

«C'est la seule et unique fois que vous avez vu ça?» lui a demandé la juge France Charbonneau.

«Oui», a simplement répondu le témoin.

À l'été 2008, M. Gaudreau a avisé M. Gagnon que la SOLIM se retirait du projet sous prétexte que les prévisions n'étaient plus bonnes et que la SOLIM n'était plus intéressée.

M. Gagnon a toutefois entendu une autre version de la bouche de M. Gaudreau, qui incluait une demande d'argent. «Il m'a laissé entendre qu'il avait eu, comment dire, des demandes d'un certain Denis Vincent pour avoir un montant d'argent et une participation en actions dans l'entreprise _ ce que M. Gaudreau ne voulait absolument pas», a relaté M. Gagnon.

«Il parlait d'entre 200 000 $ et 250 000 $ qu'il voulait avoir et que M. Gaudreau n'était définitivement pas intéressé à donner, sous aucune considération», a rapporté M. Gagnon.

Quand il l'a rencontré en 2004, lors de la présentation du projet Tipi, M. Gagnon croyait que M. Vincent n'était qu'un démarcheur, un «partenaire silencieux» dans l'entreprise de M. Gaudreau. M. Gagnon ne l'a pas revu souvent et faisait plutôt affaires avec M. Gaudreau pour ce projet.

Mais lors des discussions finales entre Desjardins et la SOLIM, en 2008, lorsque la SOLIM insistait pour ravoir la somme de 2,6 millions $ qui avait été déposée dans le compte, Denis Vincent plaidait plutôt pour que l'argent soit rendu à la SOLIM, s'est rappelé M. Gagnon.

Les policiers considèrent M. Vincent comme une relation de certains Hells Angels.

La somme a finalement été rendue à la SOLIM en décembre 2008, malgré les réticences de M. Gaudreau, qui avait travaillé des années durant à ce projet. Celui-ci se croyait protégé par le fait qu'il fallait deux signatures pour retirer l'argent du compte, dont la sienne ou celle de sa conjointe.

Fait à noter, la réunion d'octobre 2008, où les parties ont discuté du litige quant au renvoi de l'argent à la SOLIM, a eu lieu en l'absence de M. Gaudreau, pourtant le promoteur du projet.

C'est M. Gagnon qui a informé M. Gaudreau du fait que Desjardins avait rendu l'argent à la SOLIM, vers le 23 décembre 2008. «J'ai parlé à M. Gaudreau comme quoi les fonds avaient été retournés. Moi, j'étais mal à l'aise avec ça parce que je trouvais ça un peu particulier», a relaté M. Gagnon.

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