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Les autorités ontariennes visitent la secte juive Lev Tahor

26/11/2013 08:25 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

La secte de juifs orthodoxes qui a trouvé refuge en Ontario la semaine dernière pour fuir des allégations de maltraitance d'enfants a reçu la visite des responsables de la protection de la jeunesse de la province et de la police locale, mardi.

Selon les autorités, tout est « normal pour l'instant ».

Les membres de la communauté Lev Tahor de Sainte-Agathe-des-Monts, ils sont environ 200, pour la moitié des enfants, font l'objet d'une enquête des services sociaux du Québec pour des allégations de négligence envers les enfants et parce que ceux-ci ne recevaient pas une scolarisation conforme à la Loi sur l'instruction publique.

La secte intégriste nie ces allégations de négligence, mais a fui le Québec il y a un peu plus d'une semaine pour s'établir à Chatham, dans le sud-ouest de l'Ontario.

Lundi, des responsables de la Direction de la protection de la jeunesse du Québec avaient dit avoir communiqué avec leurs collègues de l'Ontario pour partager leurs informations dans cette affaire, ajoutant qu'ils attendraient leur décision pour la suite des choses.

Pour l'instant, les services à l'enfance ontariens ont simplement déclaré être au courant de la présence de la secte dans la région. Mardi, la police locale a annoncé avoir rendu visite aux nouveaux arrivants, affirmant surveiller de près la situation.

« Une évaluation préliminaire du bien-être des enfants a été effectuée avec l'aide du Chatham-Kent Integrated Children's Services et pour l'instant, il n'y pas d'inquiétudes à avoir », soutient Renee Cowell de la police de Chatham-Kent dans un communiqué.

Les services sociaux du Québec enquêtent sur cette affaire depuis l'hiver dernier et soutiennent que la situation est « sérieuse » dans le cas de certains enfants.

La DPJ pour les Laurentides s'inquiète de l'état de santé des enfants et de la scolarisation qu'ils reçoivent, a précisé le directeur de l'organisation, Denis Baraby. Selon certaines allégations, les maisons étaient insalubres et des déchets jonchaient le sol. Les enfants, qui étaient scolarisés à la maison, n'étaient pas capables de faire des exercices de mathématiques de base et plusieurs ne parlaient ni anglais, ni français.

La DPJ a collaboré avec la communauté jusqu'au 18 novembre, date à laquelle une quarantaine de familles ont quitté la province pour s'installer en Ontario. « Depuis le déplacement de la communauté Lev Tahor en Ontario, des échanges en continu sont réalisés, tant par la DPJ que par ses intervenants au dossier, avec les services d'aide à l'enfance oeuvrant sur le territoire ontarien, qui interviennent dans la communauté, ainsi qu'avec les autorités policières de cette province », a déclaré le Centre jeunesse des Laurentides dans un communiqué.

Un porte-parole de la secte, Nachman Helbrans, a indiqué que la communauté voulait simplement offrir à ses enfants une éducation basée sur leurs principes religieux et non en vertu de la Loi sur l'instruction publique. Selon lui, le système d'éducation québécois ne permet pas de respecter « la liberté de religion au sens où la plupart des gens la comprennent ».

Il a indiqué que les familles avaient déjà commencé à déménager en Ontario avant la semaine dernière et que cet exode était planifié depuis quelque temps.

En entrevue à la radio de Radio-Canada, mardi, la ministre de l'Éducation du Québec, Marie Malavoy, a qualifié la situation de « très sensible », ajoutant qu'il fallait la prendre au sérieux.

Le ministère de l'Éducation dit avoir négocié pendant des mois avec la communauté pour leur offrir de se conformer au système de scolarisation québécois, mais que celle-ci a maintenu son enseignement non conforme et sans permis.

« Notre préoccupation est le sort des enfants qui sont concernés par toute cette histoire et dont, bien évidemment, ils ne sont pas responsables », a soutenu Mme Malavoy.

Les membres de la secte Lev Tahor, qui signifie « coeur pur », sont arrivés au Canada en 2005, après que leur chef spirituel, le rabbin Shlomo Elbarnes, eut obtenu un statut de réfugié au pays.

Le groupe est anti-sioniste, s'oppose à Israël et défend la présence des Arabes en Palestine.

Le rabbin Elbarnes, qui se présente aussi sous le nom d'Helbrans, a fait la manchette en 1994 à Brooklyn, aux États-Unis, pour avoir kidnappé l'un de ses élèves. Il a été reconnu coupable par une cour américaine, a purgé sa peine et a été déporté en Israël.

Il s'est ensuite rendu au Canada sous un visa temporaire.


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