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Le gouvernement écossais annonce ses intentions en cas d'indépendance

26/11/2013 02:00 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

GLASGOW, Royaume-Uni - Une Écosse indépendante continuerait à utiliser la livre sterling comme monnaie, ferait partie de l'Union européenne et se joindrait à l'OTAN, a annoncé mardi le gouvernement écossais.

Lors de la première présentation détaillée de l'avenir politique de l'Écosse en cas d'indépendance, l'administration du premier ministre Alex Salmond a détaillé comme elle envisage de voir la nation prospérer si elle devait quitter le Royaume-Uni.

Les Écossais se prononceront sur la question de l'indépendance lors d'un référendum prévu pour le 18 septembre 2014. Le document affirme que l'indépendance donnera naissance à une Écosse plus démocratique et à un pays plus prospère.

L'Écosse fait partie du Royaume-Uni mais elle a son propre Parlement depuis 1999 et est dotée de ses propres lois. Le Parti national écossais au pouvoir appuie l'indépendance, tandis que l'opposition conservatrice et travailliste y est opposée.

En cas de victoire du «oui» lors du référendum, l'indépendance de l'Écosse sera proclamée le 24 mars 2016.

«C'est le projet de pays indépendant le plus détaillé jamais publié, non seulement pour l'Écosse mais pour tout pays qui aspire à l'indépendance», a dit M. Salmond au moment de déposer le document de 670 pages.

Dans le domaine de la politique étrangère, M. Salmond indique que les négociations avec la Commission européenne pour se joindre à l'Union européenne sont bloquées par Londres. «Nous croyons que l'Écosse sera bien accueillie comme membre de l'UE», a déclaré le premier ministre.

La force nucléaire du Royaume-Uni est établie en Écosse mais serait retirée dès la première session parlementaire du nouveau pays indépendant, révèle le document. M. Salmond estime que l'Écosse serait aussi accueillie au sein de l'OTAN.

«Nos garanties concernant une appartenance à l'OTAN découlent du fait que 25 des 28 pays-membres ne sont pas des puissances nucléaires et que 20 membres n'ont pas d'arme nucléaire sur leur territoire, donc nous ne réclamons aucun privilège pour l'Écosse», a dit M. Salmond.

Les querelles politiques d'ici au référendum pourraient tourner autour des questions financières. Le mouvement indépendantiste rencontre une opposition farouche de la part du premier ministre britannique David Cameron. Son gouvernement affirme qu'un Écossais indépendant verserait 1000 livres (1600 $ US) de plus en impôts annuels, tandis que M. Salmond promet plutôt une réduction du fardeau fiscal.

Alistair Darling, l'ancien ministre britannique du Trésor et le leader d'un mouvement anti-indépendance, estime que le rapport est «une oeuvre de fiction». Il a déclaré que les partisans de l'indépendance «ont raté la chance» de répondre à des questions importantes concernant l'avenir de l'Écosse.

«Nous attendons (ce rapport) depuis des mois et il ne fournit aucune réponse crédible à des questions importantes, a-t-il lancé. Quelle monnaie utiliserions-nous? Qui établira nos taux hypothécaires? De quel montant augmenteraient nos impôts? Comment paierons-nous nos retraites et nos avantages sociaux à l'avenir?»

M. Salmond a organisé ce référendum historique après que son parti ait remporté en 2011 une mince majorité d'un seul siège au Parlement écossais, une assemblée législative qui gère notamment l'éducation, la santé et la justice.

Les sondages accordent systématiquement un accord de 25 à 30 pour cent à l'indépendance depuis trois ans, tandis que les appuis au statu quo vont de 45 à 50 pour cent. Le nombre d'électeurs indécis demeure toutefois très élevé.

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