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Le Conseil de l'Europe critique vertement la Turquie

26/11/2013 10:56 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

ISTANBUL - Les autorités turques se sont rendues coupables de graves atteintes aux droits de la personne lors des manifestations qui ont frappé le pays au printemps, affirme un rapport dévoilé mardi par le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe.

Nils Muiznieks ajoute que plusieurs allégations de crimes possiblement commis par la police turque ne font l'objet d'aucune enquête.

Le ministère turc de la Justice n'a pas immédiatement réagi au dépôt de ce rapport, qui est publié quelques semaines seulement après la reprise, après trois ans d'interruption, de pourparlers qui pourraient mener à l'accession de la Turquie à l'Union européenne.

Des milliers de manifestants ont été blessés et cinq autres ont été tués en mai et en juin quand la police est intervenue pour mettre fin à des manifestations nationales provoquées par la décision du gouvernement de raser le parc Gezi, au coeur d'Istanbul.

«Des allégations sérieuses, concordantes et crédibles font état d'un usage excessif de la force, en particulier d’un usage excessif et injustifié de gaz lacrymogènes et de mauvais traitements pendant et après les arrestations. Elles suscitent de très vives inquiétudes, qui appellent une réponse énergique de la part des autorités turques», a indiqué M. Muiznieks par voie de communiqué.

Le rapport de M. Muiznieks prévient que l'absence d'enquêtes indépendantes risque de donner lieu à de nombreuses plaintes devant la Cour européenne des droits de l'homme. Ce tribunal supervise l'application de la Convention européenne des droits de l'homme que les 47 membres du Conseil de l'Europe, y compris la Turquie, ont ratifié.

Le rapport du Conseil s'inquiète également des mesures prises par le gouvernement turc à l’encontre d’un grand nombre de personnes et de groupes en lien avec leurs actions non violentes lors des événements de Gezi, notamment des médecins et des avocats.

«Je suis particulièrement inquiet de l’effet dissuasif que ces mesures pourraient avoir sur l’exercice de la liberté de réunion, de la liberté d’expression et de la liberté des médias. J’encourage vivement les autorités à mettre fin ou à annuler toutes les mesures susceptibles d’avoir un tel effet», a ajouté le commissaire.

Le rapport évoque enfin plusieurs incidents de journalistes malmenés pendant leur couverture des manifestations.

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