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24/11/2013 09:58 EST | Actualisé 24/01/2014 05:12 EST

Nucléaire: l'entente avec l'Iran est une erreur historique, dit Israël

JÉRUSALEM - Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a vivement dénoncé, dimanche, l'entente de la communauté internationale et de Téhéran sur le programme nucléaire iranien alors que les États arabes alliés de l'Occident dans le golfe Persique se sont abstenus de commenter.

Ailleurs dans le monde, plusieurs ont toutefois accueilli la nouvelle avec enthousiasme, estimant qu'il s'agissait d'une première étape pour la réduction des activités nucléaires de l'Iran.

Israël et les pays du Golfe menés par l'Arabie saoudite ont formé une alliance improbable dans leur opposition à l'entente conclue dimanche, unis par leur crainte de voir Téhéran se doter de la bombe atomique.

Si la plupart des États du golfe Persique sont demeurés silencieux dans les heures qui ont suivi la conclusion de l'accord à Genève, M. Nétanyahou n'a pas attendu pour le critiquer, le qualifiant «d'erreur historique» et affirmant qu'il n'était pas tenu de le respecter.

Prenant la parole devant son cabinet, le premier ministre israélien a déclaré que l'entente avait fait du monde un «endroit plus dangereux» et a réitéré sa menace de recourir à la force contre l'Iran si nécessaire, soutenant que l'État hébreu avait «le droit et le devoir de se défendre lui-même».

En vertu de l'accord de dimanche, qui doit ouvrir la voie à une entente finale assurant que l'Iran ne développe pas d'armes nucléaires, Téhéran réduira ses activités nucléaires pendant six mois en échange du relâchement limité et progressif des sanctions économiques qui pèsent sur elle. Ce délai permettra aux diplomates de négocier un accord plus complet.

Le gouvernement iranien a notamment accepté de restreindre son enrichissement d'uranium à un niveau maximal de cinq pour cent, soit beaucoup moins que le niveau nécessaire pour fabriquer des armes. Des inspecteurs internationaux surveilleront les activités nucléaires de l'Iran afin de vérifier si elle respecte sa promesse.

Israël a reconnu qu'il devait maintenant se concentrer sur les prochains pourparlers portant sur l'entente finale. Il ne prend pas part aux discussions à Genève, mais il reste en contact avec les États-Unis et d'autres participants.

L'État hébreu se sent particulièrement menacé par Téhéran puisque cette dernière a exprimé à plusieurs reprises son souhait de l'anéantir. Le fait qu'elle soutienne les groupes militants qui sévissent près des frontières israéliennes et qu'elle ait développé des missiles à longue portée inquiète également le gouvernement israélien.

Cela n'a pas empêché le président d'Israël, Shimon Peres, un lauréat du prix Nobel de la paix, de faire preuve d'optimisme, dimanche, au sujet de l'accord, avançant qu'il pourrait peut-être changer la donne dans la région.

«Je voudrais dire aux Iraniens: vous n'êtes pas nos ennemis et nous ne sommes pas les vôtres. Il est possible de régler ce problème par la diplomatie. La balle est dans votre camp. Rejetez le terrorisme. Mettez fin au programme nucléaire. Mettez fin au développement de missiles à longue portée», a déclaré M. Peres.

Les pays du Golfe n'ont pas commenté l'entente. Ce week-end, les dirigeants du Qatar et du Koweït ont rencontré le roi saoudien pour discuter de dossiers régionaux, dont celui du programme nucléaire iranien.

L'hostilité entre l'Arabie saoudite et l'Iran les a poussées à se livrer une guerre par procuration en Syrie, chacune soutenant l'une des factions impliquées dans le conflit.

Seules exceptions, le royaume de Bahreïn et les Émirats arabes unis ont salué l'accord. Les Émirats ont affirmé qu'il était un pas dans la bonne direction, soit la signature d'une entente finale qui préservera la stabilité dans la région et la mettra à l'abri de la prolifération des armes nucléaires.

En Europe, de nombreux pays ont célébré la conclusion de l'entente.

Le Royaume-Uni, l'une des nations ayant participé aux négociations, a indiqué que ses partenaires et lui allaient appliquer l'entente de bonne foi et s'assurer que l'Iran faisait de même.

De son côté, le président de la France, François Hollande, dont le gouvernement a également pris part aux discussions, a dit être déterminé à faire en sorte que l'accord soit un succès.

Le président russe, Vladimir Poutine, a pour sa part soutenu que l'entente prouvait que la Russie avait eu raison de militer en faveur d'une solution diplomatique au différend.

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a déclaré que c'était une étape importante pour garantir que le programme nucléaire iranien n'a que des visées pacifiques.

L'Espagne, la Norvège et la Suède ont dit espérer une solution finale plus complète.

Le Pakistan et l'Inde, deux puissances nucléaires, ont aussi applaudi la conclusion de l'accord, tout comme l'Irak et la Syrie, deux alliés de l'Iran. La Turquie, qui partage une frontière avec l'Iran à l'ouest, a qualifié l'entente de «nouveau départ».

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