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24/11/2013 05:59 EST | Actualisé 24/01/2014 05:12 EST

Douze jours pour dénoncer la violence faite aux femmes

Plusieurs organisations féministes québécoises lancent une campagne de 12 jours contre la violence envers les femmes

Une campagne provinciale de sensibilisation sur ce sujet social va s'amorcer lundi. Elle connaîtra son point culminant, le 6 décembre, à l'occasion d'un rassemblement de commémoration de la tuerie de l'École polytechnique de Montréal. Selon la coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Louise Riendeau, cette campagne n'est vraiment pas un luxe.

« Mais il reste que les maisons d'hébergement, une centaine au Québec, on a des statistiques pour 80 dans les deux réseaux, elles sont pleines. Dans la dernière année, il y a eu à peu près 10 000 femmes qui ont demandé à être hébergées », déplore Mme Riendeau.

La cyberintimidation, source d'humiliation et de harcèlement

La violence faite aux femmes évolue aussi, notamment par l'utilisation d'Internet, où une photo osée peut devenir source d'humiliation et de harcèlement. « 73 % des victimes de cyberintimididation sont des femmes, et très souvent il y a d'autres formes de violence associée à la cyberintimidation », dit Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Fait à noter, les jeunes femmes seraient plus enclines que leurs aînées à dénoncer les mauvais traitements.

La présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, abonde dans le même sens que Louise Riendeau. Mme Michel soutient qu'il lui arrive de rencontrer des victimes, qui peinent à améliorer leur sort, au sein même de sa petite communauté d'Uashat-Maliotenam sur la Côte-Nord. D'après elle, des plaintes sont régulièrement déposées, mais ça ne va souvent pas plus loin. « Comme on est une femme, comme on est Autochtone, c'est comme si ça ne vaut pas la peine qu'on investisse du temps pour éclaircir notre cas », a-t-elle précisé, dépitée.

Difficultés d'obtenir de l'aide pour les femmes autochtones

Viviane Michel estime que ce climat de laisser-aller est dévastateur pour les victimes et qu'en plus, elles paient un lourd prix dès l'instant où elles décident de dénoncer leur bourreau. Mme Michel précise que les milieux de vie des Autochtones sont parfois si petits qu'une femme violentée essayant de s'en sortir risque de « rencontrer son conjoint au coin de la rue ». Dans de pareilles conditions, elle peut être tentée de garder le silence.

Or, Louise Riendeau avance que « si on n'est pas capable de persister dans le système de justice, les contrevenants restent dans l'impunité et ça leur permet de continuer à dire qu'ils ont le droit de faire ça ». À son avis, pour corriger le tir, une série de mesures sont nécessaires. « Ça prend un système de justice qui fonctionne, du soutien pour les victimes et surtout de la sensibilisation ».

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