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24/11/2013 01:20 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Accord historique sur le nucléaire iranien

Une impasse diplomatique vieille d'une décennie a connu un premier pas important vers sa résolution. L'Iran a conclu une entente dans l'épineux dossier nucléaire avec les États-Unis et cinq autres puissances mondiales, dimanche à Genève.

Cet accord préliminaire de six mois vise à réduire l'ampleur du programme nucléaire iranien en échange d'un allégement des sanctions économiques qui étranglent la République islamique depuis des années.

Les négociateurs sont parvenus à un compromis sur l'enrichissement de l'uranium, dont Téhéran avait fait un enjeu de souveraineté nationale. C'était d'ailleurs un point de litige majeur dans les discussions.

S'exprimant devant les journalistes, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a affirmé que l'accord contient une « référence claire selon laquelle l'enrichissement va continuer » en Iran. « Nous estimons que c'est notre droit », a-t-il ajouté. Il s'est aussi engagé à accroître la coopération de son pays avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Dans une déclaration officielle télédiffusée depuis la Maison-Blanche, le président Barack Obama a déclaré que l'entente est « un important premier pas » et « un nouveau chemin » vers un monde plus sécuritaire.

Selon le président américain, l'accord prévoit des « contraintes substantielles » auxquelles l'Iran doit se soumettre. Il bloquerait aussi « le chemin le plus évident » vers le développement d'une bombe nucléaire.

De son côté, le président iranien, Hassan Rohani, a également salué la conclusion de l'accord de Genève.

« Le vote du peuple en faveur de la modération et de l'engagement constructif et les efforts infatigables des équipes de négociation vont ouvrir de nouveaux horizons », a indiqué le président réputé modéré sur son compte Twitter.

Washington et Téhéran s'entendent toutefois pour dire que la crise du nucléaire iranien est loin d'être entièrement résolue. Barack Obama a insisté sur le fait que « d'énormes difficultés » persistent toujours dans ce dossier.

« Nous avons mis en place une commission conjointe pour surveiller la mise en place de notre accord », a dit le chef de la diplomatie iranienne en conférence de presse. « J'espère que les deux parties pourront avancer d'une façon qui permettra de restaurer la confiance. »

Cette entente est par ailleurs un jalon important entre les deux pays. Washington et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques il y a 34 ans, à la suite de l'invasion de l'ambassade des États-Unis en Iran.

Alors que les six grandes puissances négociatrices se sont réjouies de l'accord conclu samedi, le Canada a réagi avec prudence, tandis que le président israélien a vivement dénoncé l'entente

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