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24/11/2013 08:46 EST | Actualisé 24/01/2014 05:12 EST

Accord avec l'Iran: le Canada se montre prudent, Israël sceptique

radio-Canada

Alors que les six grandes puissances négociatrices se réjouissent de l'accord conclu avec l'Iran sur son programme Iranien, le Canada se montre prudent.

« Nous allons évaluer l'entente non seulement en fonction de sa valeur propre, mais aussi, et surtout en fonction de la possibilité d'en vérifier la mise en œuvre et la condition de se voir accorder un accès sans entrave à toutes les installations nucléaires de l'Iran. D'ici là, le Canada continuera d'imposer des sanctions sévères », a déclaré le ministre fédéral des Affaires étrangères, John Baird en conférence de presse dimanche. 

Tout en en saluant prudemment l'accord, Ottawa espère que le texte d'entente se traduira par des actions concrètes de la part de Téhéran, avait indiqué Rick Roth, porte-parole du ministre.

Après plus de quatre jours de négociations, l'Allemagne, la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie sont parvenus samedi à obtenir de la République islamique d'Iran qu'elle réduise l'ampleur de son programme nucléaire. En échange, les sanctions économiques qui lui sont imposées depuis plusieurs années seront allégées.

L'accord contribuera « à sauvegarder la paix et la stabilité au Moyen-Orient », s'est félicité la Chine.

« Je souligne qu'une percée a été réalisée, mais seulement un premier pas sur un chemin long et difficile », a déclaré le président russe Vladimir Poutine dans un communiqué du Kremlin.

La France, qui s'était montrée ferme à l'égard de l'Iran pendant les négociations, a montré une certaine retenue dans ces réactions. Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, s'est contenté de souligner que l'accord rendait impossible à l'Iran « tout accès à l'arme nucléaire ». C'est un « pas important dans la bonne direction », a quant à lui indiqué le président François Hollande.

Israël dénonce l'accord

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, n'a pas perdu de temps à dénoncer l'entente, qu'il a qualifiée d'« erreur historique ». Selon lui, Israël n'est pas tenu par cet accord.

Sceptique, le président israélien Shimon Peres a quant à lui affirmé que l'accord devra être jugé « sur les résultats et non sur les mots », ajoutant que « si la voie diplomatique échoue, l'option nucléaire sera bloquée par d'autres moyens ».

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a cependant qualifié l'accord de « victoire diplomatique la plus importante » de l'Iran depuis la révolution islamique de 1979, tout en rappelant que l'entente devra être examinée attentivement.

Washington a déjà prévenu que l'allègement des sanctions prendrait fin dans six mois et que les États-Unis « augmenteraient la pression » si l'Iran ne respecte pas ses engagements.

Tensions confessionnelles

De tous les pays du Golfe persique, seuls les Émirats arabes unis ont réagi à l'annonce dimanche, espérant que l'entente favorise la « stabilité de la région ».

L'Arabie saoudite et les autres monarchies pétrolières n'ont toutefois pas émis d'opinion officielle, un silence que les analystes de la région considèrent comme lourd de sens.

« [Le président Obama] n'est plus intéressée par les problèmes de la région [...] », croit Jamal Khaskoggi, chef de l'Institut du Moyen-Orient pour les études stratégiques. Ce désintérêt pourrait être lié au fait qu'en 2015, les États-Unis deviendront le premier producteur de pétrole au monde.

Bien que le secrétaire d'État américain John Kerry estime que l'entente rendra plus sûre la situation des alliés des Américains au Proche-Orient, le président Barack Obama a néanmoins tenu à les rassurer, dimanche. Israël et les partenaires des Américains dans le Golfe « ont de bonnes raisons d'être sceptiques vis-à-vis des intentions de l'Iran », a-t-il rappelé.

Or, Israël et les pays arabes du Golfe ne s'inquiètent pas forcément pour les mêmes raisons, explique Jamal Khashoggi. Pour l'État hébreu, la principale menace vient du danger nucléaire, alors que pour les pays du Golfe, elle vient des tensions confessionnelles entre sunnites et chiites.

Tous les pays arabes de la région, sauf la Syrie et l'Irak, sont dirigés par des musulmans sunnites et n'ont jamais caché leur méfiance à l'égard de l'Iran, dirigée par un État chiite. L'Iraq et la Syrie, deux alliés de l'Iran, ont d'ailleurs accueilli l'accord.

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