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23/11/2013 04:20 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Venezuela: l'opposition descend dans la rue avant les élections municipales

CARACAS, Venezuela - Des milliers d'opposants du président vénézuélien Nicolas Maduro sont descendus dans les rues, samedi, pour manifester leur colère face à la crise économique qui s'accentue, cherchant à reprendre de l'allant après une série de défaites électorales.

Cette journée nationale de protestation est la première du genre à être annoncée par le chef de l'opposition, Henrique Capriles, depuis qu'il a perdu par une faible marge contre M. Maduro lors de la présidentielle à la suite de la mort de Hugo Chavez, et survient deux semaines seulement avant d'importantes élections municipales.

Réflexion d'une certaine fatigue qui touche les deux principaux camps de cette nation profondément polarisée, seules quelque 5000 personnes se sont rassemblés à la Plaza Venezuela, dans la capitale, Caracas, pour défiler avec M. Capriles. Un nombre bien moins important que lorsque de très grandes foules avaient rempli les rues de la ville au cours de son dernier rassemblement pendant la campagne électorale. Malgré tout, la participation était plus importante que lors de récents événements organisés par le gouvernement.

L'intimidation gouvernementale, les luttes de pouvoir internes et un accès quasiment nul aux médias télévisés ont découragé plusieurs membres de l'opposition, laissant celle-ci dans une position plus faible pour contester le président, et ce même si le taux d'approbation de ce dernier a diminué.

«Beaucoup de gens ont lutté contre un rival puissant et populaire comme Chavez», a écrit l'analyste politique Edgar Gutierrez dans un courriel transmis à l'Associated Press. Mais, paradoxalement, «contre un adversaire plus faible et beaucoup moins populaire, il y a un sentiment d'impuissance».

Alors que les protestataires se rassemblaient samedi matin, M. Capriles a indiqué qu'un proche conseiller avait été agressé par des officiers des renseignements militaires et emmené de sa chambre d'hôtel au cours de la nuit.

Impossible de savoir où se trouve Alejandro Silva, le coordonnateur de l'horaire chargé de M. Capriles en prévision du vote du mois prochain, a écrit le leader de l'opposition dans des messages publiés sur Twitter. Les services de renseignement militaire ont refusé de commenter l'affaire, mais le ministre du Tourisme Andres Izarra a indiqué sur Twitter que l'un des «hommes de main fascistes» de M. Capriles avait été capturé.

L'opposition tente de présenter les élections du 8 décembre comme un référendum sur la présidence de M. Maduro, qui a été marquée par d'importantes pénuries de bien de première nécessité, comme le papier toilette et le lait, et un taux d'inflation qui atteint maintenant 54 pour cent, un record en deux décennies.

«S'ils gagnent le 8 décembre, le chaos que nous vivons sera pire», a déclaré M. Capriles à la foule rassemblée à Caracas.

S'il sera pratiquement impossible, pour l'opposition, de remporter la majorité des postes de maire des 335 municipalités du Venezuela, dont plusieurs sont des villages éloignés dépendant des subventions gouvernementales, le mouvement espère obtenir la majorité des votes à l'échelle nationale avec de bons résultats dans les grandes régions métropolitaines, comme Caracas, où il ne détient actuellement que l'un des cinq districts électoraux.

Le président Maduro, qui a célébré son 51e anniversaire vendredi soir, a demandé à ses partisans d'ignorer les manifestations et de plutôt se joindre à des responsables pour un examen national des détaillants pour s'assurer que ceux-ci respectent les nouvelles règles concernant le plafonnement des prix et des profits.

Deux semaines après que M. Maduro eut ordonné à l'armée d'occuper plusieurs chaînes de magasins et de réduire les prix des réfrigérateurs, télévisions et autres appareils, de longues files de chasseurs d'aubaines se sont formées devant des magasins à Caracas et ailleurs. Le président s'est engagé à utiliser des pouvoirs d'urgence octroyés par le Congrès, cette semaine, pour resserrer l'étau contre les entreprises qu'il accuse d'étouffer les consommateurs et de saboter le pays d'Amérique du Sud.

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