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23/11/2013 10:56 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Varsovie: Vers un échec des négociations sur le climat

AFP

VARSOVIE - Après 24 heures de pourparlers sans arrêt au dernier jour de la conférence climat de Varsovie, le non retentissant des pays du Sud, Chine en tête, aux textes proposés sur les fondations de l'accord de 2015 et sur les finances faisait planer le spectre d'un échec des pourparlers.

«Je vous demande de réfléchir sérieusement à ce qu'impliquerait de ne pas finaliser le travail important qui a été fourni à Varsovie», a lancé le ministre polonais de l'Environnement Marcin Korolec, qui préside la conférence.

Il s'adressait aux délégués des plus de 190 pays réunis pour la première séance plénière de la journée après une longue nuit blanche de pourparlers dans le stade de Varsovie, où se déroule la conférence.

Ces négociations, qui ont démarré le 11 novembre, devaient officiellement s'achever vendredi, mais il est très courant qu'elles se prolongent jusqu'au lendemain, voire au surlendemain.

Mais samedi à la mi-journée, la perplexité régnait dans les couloirs, où certains délégués, épuisés, n'excluaient plus de quitter la capitale polonaise sans accord.

«Il y a un vrai risque que ces négociations échouent», a déclaré le directrice de l'ONG Oxfam Winnie Byanyima, dans un communiqué.

Même si aucune percée n'était attendue lors de cette conférence, son ambition était néanmoins de poser «la pierre de fondation» de l'ambitieux accord attendu en 2015 à Paris sur les réductions de gaz à effet de serre, pour limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l'ère pre-industrielle.

Pour la première fois, l'accord doit concerner tous les pays et être légalement contraignant.

Des progrès semblaient avoir été accomplis dans la nuit notamment sur le texte portant sur l'aide financière au Sud. Les espoirs ont vite été douchés quand les pays du Sud ont opposé une fin de non-recevoir aux textes négociés, que l'Union européenne et les Etats-Unis ont jugé eux acceptables en l'état.

«Nous sommes frustrés de la façon dont les choses évoluent», a déclaré le représentant du G77 (groupe des pays en développement) et Chine.

«Cette conférence devait être la conférence des finances», a déclaré à l'AFP le négociateur du Bangladesh, Qamrul Chowdhury. «Et tout ce qu'on a, ce sont des cacahuètes», a-t-il ajouté.

Les pays du Sud exigent des assurances sur le fait que les 100 milliards de dollars par an, promis d'ici 2020 pour faire face au changement climatique, seront bien mobilisés.

Mais la dernière ébauche de compromis se contente d'exhorter «les pays développés à continuer à mobiliser de l'argent public, à des niveaux supérieurs» à ceux de l'aide d'urgence décidée pour 2010-2012, soit 10 milliards de dollars par an.

Le Nicaragua, au nom du G77 et de la Chine, a demandé que les pays du Nord s'engagent sur un objectif intermédiaire de 70 milliards de dollars.

L'Union européenne a, elle, appelé à la souplesse et au compromis dans ces négociations.

Selon l'UE, le texte sur les finances "est proche" du seul compromis possible. Les Etats-Unis se sont aussi dits prêts à «accepter le texte tel qu'il est» mais averti que si les discussions étaient rouvertes, ils introduiraient de nouvelles exigences.

L'autre gros dossier sur la table porte sur le chemin à accomplir pour parvenir à l'accord espéré en 2015.

Le bras de fer se jouait sur les exigences des grands émergents, notamment la Chine, premier pollueur au monde, de continuer à être considérés comme des "pays en développement", et à ce titre, ne pas être traités comme les pays industrialisés.

Le négociateur chinois Su Wei s'est dit «très préoccupé» par le fait que le texte sur la table propose que toutes les parties prennent des "engagements" en matière de lutte contre le changement climatique.

Les pays en développement doivent uniquement promettre «d'agir de manière renforcée», a-t-il déclaré.

La Chine «dit que les engagements ne s'appliquent qu'aux pays industrialisés. J'ai l'impression de revenir en arrière», a réagi le négociateur américain Todd Stern, soulignant que la grande avancée concernant l'accord de 2015 est qu'il est justement «applicable à tous».

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