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23/11/2013 04:58 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Italie: Silvio Berlusconi se montre défiant avant de perdre son siège

MILAN - L'ex-premier ministre italien Silvio Berlusconi n'a encore rien perdu de sa verve à l'approche d'un vote destiné à lui faire perdre son poste de sénateur, affirmant samedi qu'il ne cèderait pas volontairement son siège, pas plus qu'il ne réclamerait un pardon présidentiel.

La Chambre haute doit en effet voter mercredi pour éjecter Berlusconi après que celui-ci eut été reconnu coupable de fraude fiscale et condamné à quatre ans de prison, une peine confirmée par la plus haute cour du pays. Le Cavaliere ne joue aucun rôle au sein du gouvernement, mais demeure influent du côté du centre-droit, et la possibilité de son départ a fait augmenter les tensions dans le fragile gouvernement de coalition.

Dans une entrevue accordée samedi au journal Il Mattino, de Naples, Berlusconi a dit qu'il n'envisagerait pas de démissionner avant le vote, et qu'il s'attendait à une «reconnaissance de son rôle et de son importance politique» de la part de ses alliés au sein du gouvernement.

Il a par ailleurs martelé qu'il ne continuerait pas à travailler avec «ceux qui veulent me tuer».

Berlusconi a indiqué qu'il rejoindrait, tel que prévu, les rangs de l'opposition s'il est expulsé du Sénat. La survie du gouvernement devrait toutefois être garantie par un groupe de parlementaires de centre-droite qui ont fait défection du parti du Cavaliere pour fonder leur propre formation politique.

Berlusconi s'adressait à un groupe de jeunes membres du nouveau parti Forza Italia, qu'il a relancé pour revigorer sa base électorale, leur disant que le vote pour lui faire perdre son siège était l'équivalent d'un coup d'État gouvernemental et qu'il était basé sur un «verdict incroyable, absolument non fondé, utilisé pour jeter les bases du meurtre politique du leader du centre-droit».

L'homme de 77 ans a aussi mentionné qu'il ne demanderait pas de pardon, mais que le président Giorgio Napolitano devrait lui-même lui en donner un de sa propre initiative, et a qualifié la peine, ramené à un an de travaux communautaires, d'«humiliation».

Le Cavaliere a été affaibli par la confirmation de sa condamnation pour fraude fiscale par la Cour suprême cet été, sa tentative ratée de faire tomber le gouvernement le mois dernier, sans oublier la décision, par un groupe de loyalistes de centre-droite, de former leur propre parti aux côtés de Forza Italia.

L'affaire de fraude fiscale est la première condamnation criminelle reconnue contre lui en plusieurs décennies de luttes devant les tribunaux.

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