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23/11/2013 05:00 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Irak: les sunnites ferment leurs mosquées pour protester contre les violences

BAGDAD - Les leaders sunnites ont gardé leurs mosquées fermées, samedi à Bagdad, pour protester contre les attentats ciblant des membres du clergé et leurs fidèles, une décision qui témoigne de la tension croissante découlant des violences interconfessionnelles en Irak.

La fermeture des mosquées n'a toutefois pas empêché de telles violences de se produire, alors que des attentats ont coûté la vie à 12 personnes dans des régions du nord du pays.

Le cheikh Mustafa al-Bayati, membre d'un conseil d'influents sunnites émettant des décrets religieux, a déclaré que la décision avait été prise jeudi et qu'elle entrait en vigueur samedi. Il a ajouté que les mosquées rouvriraient leurs portes dès dimanche.

Les sunnites avaient déjà eu recours à cette tactique en fermant les mosquées de la province de Basra, dans le sud, en septembre, de même que celles de la province de Diyala, au nord-est, plus tôt ce mois-ci. Les mosquées avaient rouvert après que les autorités et des chefs locaux eurent promis de les protéger contre les attentats.

Dans un communiqué publié samedi, les membres du conseil sunnites ont demandé au gouvernement de créer des unités locales de sécurité formées de résidants pour assurer la protection de leurs temples. On y exige également que le gouvernement irakien lance une commission d'enquête sur les récents meurtres de leaders religieux sunnites.

Les sunnites ont été au pouvoir pendant la majeure partie de l'histoire moderne de l'Irak. Selon eux, le gouvernement actuel, formé d'une majorité de chiites, les traite comme des citoyens de seconde classe. Les chiites ont accédé au pouvoir dans la foulée de l'invasion américaine de 2003.

Les violences se sont poursuivies ce week-end avec, samedi, deux attentats à la bombe à Tuz Khormato, à 200 kilomètres au nord de Bagdad. Dix personnes ont péri et 35 autres ont été blessées, a déclaré le maire, Shalal Abdool.

Dans la ville de Tal-Afar, dans le nord du pays, un policier et un civil ont été tués et dix autres blessés dans un attentat à la voiture piégée, selon les autorités.

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