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23/11/2013 12:37 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Environ 70 sinistrés de l'incendie d'Attawapiskat seront évacués

CP

ATTAWAPISKAT, Ont. - Un incendie ayant forcé l'évacuation d'environ 70 résidants de la communauté isolée d'Attawapiskat, dans le nord de l'Ontario, aurait facilement pu se transformer en désastre, a confié un député fédéral.

Selon Charlie Angus, le député néo-démocrate qui représente la région, c'est une chance que personne n'ait été blessé ou tué dans les flammes.

L'incendie s'est déclaré au sein d'un ensemble de maisons mobiles interconnectées servant de complexe résidentiel de fortune.

Les sinistrés ont été transportés par voie aérienne à Kapuskasing, à près de 400 kilomètres au sud, par le gouvernement ontarien. Certains sont arrivés en après-midi et les autres, en soirée.

Le député Angus dit avoir discuté avec la chef Theresa Spence et les conseillers de bande, samedi matin, et, selon ce qu'il a appris, l'incendie serait lié à des bougies utilisées pour de l'éclairage après que des tempêtes eurent provoqué des pannes de courant.

Selon le politicien, environ 90 personnes vivaient dans ce complexe, qui aurait été gravement endommagé par la fumée mais pas complètement détruit par les flammes.

«Heureusement, personne n'a été blessé ou tué, puisque cela aurait été une véritable tragédie si cela s'était produit pendant que les gens dormaient», a ajouté le député, qui s'est déjà porté à la défense de la communauté.

«Cela a toujours été notre crainte pour ces remorques — un incendie, la nuit.»

Toujours selon M. Angus, ces roulottes étaient utilisées comme solution temporaire d'hébergement après l'effondrement du système d'égouts, il y a quatre ans.

«Malheureusement, cette solution temporaire est devenue permanente, a-t-il déclaré.

«Des cellules dans les prisons provinciales sont plus grandes que les lieux où sont hébergées les familles.»

Le conseil de bande a déclaré l'état d'urgence après l'éclatement de l'incendie cette semaine.

Selon ce que le député fédéral a appris, l'installation de logements temporaires pourrait être complétée d'ici un mois et demi, selon le scénario le plus optimiste.

La communauté d'Attawapiskat avait fait la manchette en 2011, alors que les résidants faisaient face à une crise du logement qui avait aussi mené à un état d'urgence. L'affaire avait illustré les relations tendues entre le gouvernement conservateur de Stephen Harper et les communautés d'autochtones.

Le premier ministre Harper avait accusé le conseil de bande de mauvaise gestion de leurs finances tandis que la chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, avait fait une grève de la faim pendant six semaines pour protester contre les conditions de vie des réserves et dénoncer les problèmes inhérents aux traités territoriaux, provoquant des manifestations dans plusieurs régions du pays.

Selon M. Angus, Attawapiskat fait de son mieux pour remettre en état ses infrastructures problématiques, mais que les gouvernements fédéral et de l'Ontario doivent en faire davantage.

«Personne à Attawapiskat ne s'attend à des changements rapides, mais les gens désirent réellement pouvoir effectuer des mises de fond pour des maisons, de commencer à payer des loyers, d'obtenir de meilleurs endroits où vivre. Nous n'avons simplement pas le parc immobilier pour ce faire.»