POLITIQUE
21/11/2013 01:53 EST | Actualisé 21/01/2014 05:12 EST

Philippe Couillard rapproche l'horizon du retour à l'équilibre budgétaire

PC

QUÉBEC - Le chef libéral Philippe Couillard a rapproché l'horizon du retour à l'équilibre budgétaire, jeudi, en situant cet objectif «incontournable» au terme de la prochaine année financière.

M. Couillard a ainsi semblé corriger le tir, après avoir déclaré qu'il était prêt à attendre jusqu'à l'exercice 2018-2019, mercredi, ce qui avait provoqué la stupéfaction de ses adversaires, en plus de placer ses députés sur la défensive.

À Saint-Félicien jeudi, en marge d'une rencontre sur l'industrie forestière, le chef libéral s'est défendu de modifier la position qu'il avait esquissée la veille, à l'Assemblée nationale.

«Ce que j'indique, c'est que le gouvernement actuel, par les chiffres qu'on voit, pourrait nous réserver de mauvaises surprises et la création d'un trou structurel qui nous amène sur de nombreuses années», a-t-il dit.

M. Couillard a répété que dans la situation financière actuelle, où un manque à gagner de 2,3 milliards $ apparaît déjà à travers les données du ministère des Finances, le retour à l'équilibre budgétaire est improbable au terme de l'exercice en cours, contrairement à ce qui était prévu.

Le chef libéral a cependant affirmé que le gouvernement du Parti québécois doit impérativement renouer avec le «déficit zéro» durant l'exercice 2014-2015, en plus de présenter un plan de retour à l'équilibre budgétaire.

Mercredi, les propos de M. Couillard avaient suscité la stupéfaction du ministre des Finances, Nicolas Marceau, qui les jugeait en contradiction avec ceux des députés libéraux en Chambre, où ils exigeaient le rétablissement pour 2013-2014, l'exercice en cours.

Voulant dissiper toute apparence de contradiction, le chef libéral a assuré jeudi que ses députés et lui sont au diapason.

«Le discours est le même: équilibre budgétaire incontournable, la cible 2014-2015 pour les chiffres actuels, a-t-il dit. Et on veut voir les chiffres parce qu'il est possible que le gouvernement nous cache, et on espère que ce n'est pas le cas, un déficit structurel si important qu'il pourrait prendre plus de temps à se résorber.»

Lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale, le chef parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a voulu lui aussi dissiper toute impression de dissonance entre M. Couillard et le caucus.

«Il n’y a pas de doute que le positionnement du Parti libéral du Québec, M. Couillard, nos collègues, très clair, puis l’esprit a toujours été le même, a-t-il dit. L’exégèse de la sémantique, je laisse ça à d’autres, pour nous, la clarté de nos positions, c’est inadmissible que (l'équilibre budgétaire ne soit pas atteint) en 2013-2014.»

M. Fournier a également dressé le constat que cette cible sera probablement impossible à atteindre et qu'il faudra un plan pour l'atteindre à l'exercice 2014-2015.

«Nous voulons que ce plan nous donne des moyens qui vont nous permettre, un, d’avoir le déficit le plus bas possible en 2013-2014, donc de résorber les chiffres qu’ils ont déjà en ce moment, et, deuxièmement, que ce plan ait comme objectif incontournable de nous amener à l’équilibre en 2014-2015», a-t-il dit.

En Chambre, les adversaires des libéraux ont fait leurs choux gras de la sortie de M. Couillard.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui maintient la nécessité de rétablir les finances au terme de l'exercice 2013-2014, a plastronné en s'offrant un long préambule au sujet de M. Couillard avant de poser sa question au gouvernement.

«Il fallait voir les députés du Parti libéral essayer de réparer la gaffe du chef de la confusion libérale, (mercredi), c’était vraiment drôle, a-t-il dit. Je savais que le ministre des Finances avait besoin d’aide, mais je suis certain que, quand il a entendu Philippe Couillard, il a dû dire: 'je n’en voulais pas autant'.»

M. Marceau a repris le jeu de mots d'un de ses collègues pour illustrer (flip-flop) les changements de cap successifs de M. Couillard concernant notamment les questions de laïcité et budgétaire.

«Des Philippe-flop, c’est rendu habituel, que ce soit sur la question du tchador, quant au choix de sa circonscription, les élections à date fixe et maintenant sur l’équilibre budgétaire», a-t-il dit.

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