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21/11/2013 01:33 EST | Actualisé 21/01/2014 05:12 EST

Meurtre d'un chauffeur de taxi : le suspect a été arrêté

Radio-Canada

La police a confirmé jeudi soir l'arrestation du suspect dans l'affaire du meurtre d'un chauffeur de taxi dans le secteur de Côte-des-Neiges, à Montréal. Les policiers de Longueuil ont intercepté l'homme de 43 ans rue Nobel à Boucherville, sur la Rive-Sud, en début de soirée.

L'interpellation a eu lieu à proximité d'un poste de la Sûreté du Québec, sur cette artère essentiellement commerciale et industrielle. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a indiqué que le suspect s'était livré sans résistance.

L'homme pourrait être lié au meurtre de Ziad Bouzil, survenu dans la nuit de mardi à mercredi. Le chauffeur a été retrouvé inconscient dans sa voiture à la suite d'une collision.

Le SPVM avait déployé un important dispositif pour retracer le suspect. La police avait fait appel au public et diffusé sa photo.

Un point de presse au sujet de cette arrestation aura lieu vendredi matin, devant le quartier général du SPVM, rue Saint-Urbain.

Circonstances et motifs inconnus

On ignore toujours, par ailleurs, les circonstances ou les motifs du meurtre du chauffeur de taxi de 45 ans, Ziad Bouzil, qui travaillait pour la compagnie Diamond depuis plusieurs années.

Le chauffeur a été agressé après avoir répondu à l'appel d'un client vers 23 h 45 mardi soir. Le taxi s'est alors rendu à un Tim Hortons.

« C'est notre enquête qui nous a conduit jusqu'à lui [le suspect]. On s'est rendu dans un commerce de restauration rapide, un Tim Hortons. On sait que c'est à cet endroit là qu'il aurait pris un taxi. Certains détails nous font comprendre qu'il y aurait eu deux suspects à bord du taxi », dit Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM.

Trente minutes après l'appel au centre de répartition des taxis, les policiers ont reçu un appel au 9-1-1 les informant qu'il y avait un accident. La voiture taxi de M. Bouzil avait embouti une autre voiture, une camionnette qui était stationnée. C'est à ce moment qu'on a retrouvé le chauffeur, dans son véhicule, inconscient. Les policiers ont constaté que la victime avait subi des blessures qui n'avaient rien à voir avec l'accident. L'homme avait été atteint d'un projectile d'arme à feu.

Les chauffeurs de taxis de Montréal sont secoués. Ziad Bouzil laisse dans le deuil sa femme et ses trois enfants. Il avait quitté l'Algérie il y a 12 ans pour fuir la violence.

« Pour moi, c'est un choc parce que j'ai reçu un appel parce que j'ai la même chose, j'ai une Hyundai Sonata. Il y a beaucoup de gens qui pensaient que c'était moi. Il y a quelqu'un qui m'a dit que, selon un garagiste qu'il connaît, qu'il était un super bon gars. Il était très doux et très gentil », raconte le chauffeur Rabia Lebcir, également originaire d'Algérie. Il dit que c'est le deuxième compatriote depuis 2010 qui perd la vie en conduisant son taxi.

Le porte-parole de Taxi Diamond, Denis Laramée, affirme que les chauffeurs sont souvent victimes d'agressions. « [...] Il y a à toutes les semaines l'utilisation du bouton d'urgence qui nécessite la présence de policiers de façon immédiate, où un chauffeur se sent en danger de mort immédiate ».

Des caméras dans les taxis?

La vice-présidente du comité exécutif, Anie Samson, affirme que l'installation de caméras de surveillance pourrait être une solution pour augmenter la sécurité des chauffeurs, mais elle précise qu'il faudra d'abord attendre les résultats d'un projet-pilote. Le maire Denis Coderre a d'ailleurs rencontré jeudi après-midi le président du Comité provincial de l'industrie du taxi pour faire le point.

Dory Saliba se dit à la fois très satisfait et très étonné par l'accueil qui lui a été réservé à l'Hôtel de Ville, un accueil qui tranche selon lui avec ses dernières visites. « Je suis très étonné de voir à quel point ils insistaient pour la sécurité des chauffeurs de taxi à Montréal. Ils ont pris ça vraiment à coeur. Je voyais que M. Coderre agit rapidement. Il se penche personnellement sur le dossier. C'est la première fois que je vois un maire qui agit assez rapidement pour rencontrer l'industrie pour voir de quelle façon il va aider ».

Le syndicat des chauffeurs d'autobus de la STM réclame aussi que tous les autobus qui circulent la nuit soient équipés de caméras de surveillance.

Les caméras sont déjà en service dans environ la moitié de la flotte d'autobus de la Société de transport de Montréal, selon le syndicat. Son porte-parole, Stéphane Lachance, déplore qu'à peine une centaine des 500 autobus en circulation la nuit soient munis de caméras, alors que c'est la nuit que se produisent les incidents les plus violents, selon lui. « Ce qu'on prétend, c'est de la mauvaise volonté. On ne dit pas que c'est facile de planifier pour que les autobus se retrouvent munis de caméras à 23 h, on dit que c'est une mauvaise volonté », dit-il.

La demande syndicale survient dans une période de transition à la Société de transport de Montréal. L'administration Coderre doit en effet nommer la semaine prochaine les membres du nouveau conseil d'administration. Le président sortant, Michel Labrecque, avait été nommé en 2009 par l'ex-maire Gérald Tremblay.