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21/11/2013 02:27 EST | Actualisé 21/01/2014 05:12 EST

Égypte: le gouvernement autorise la police à pénétrer dans les campus

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CAIRO, EGYPT - JUNE 30: Egyptian Republican Guard soldiers stand guard during an anti-government demonstration at Egypt's Presidential Palace as part of the 'Tamarod' campaign on June 30, 2013 in Cairo, Egypt. Crowds of pro- and anti-Morsi protesters gathered in locations across Egypt on June 30, the day of a series of nation-wide mass demonstrations entitled 'Tamarod', or 'Rebel', planned to take place on the first anniversary of Morsi's election to the Egyptian Presidency. The 'Tamarod' campaign, organised by a coalition of opposition political groups, aims to bring down the government of President Morsi through country-wide demonstrations. (Photo by Ed Giles/Getty Images).

LE CAIRE (AFP) - Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi qu'il autorisait la police à pénétrer sur les campus universitaires sans autorisation préalable pour stopper des manifestations, alors qu'un étudiant a été tué dans des heurts dans la nuit.

Le gouvernement a autorisé la police à pénétrer sur les campus "sans demander la permission en cas de menaces" et en cas de "manifestations qui pourraient blesser les étudiants", a-t-il annoncé dans un communiqué.

Jusqu'à présent, la police devait demander la permission au procureur général ou au directeur de l'université avant de se rendre sur un campus ou dans des résidences universitaires si des heurts éclataient.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, un étudiant a été tué dans des heurts à la résidence de l'Université Al-Azhar, dans le quartier de Nasr City, au Caire, selon un responsable de sécurité et un soignant. Il a été touché à la poitrine et au cou par des tirs de chevrotine, selon la même source.

Les affrontements opposaient des partisans à des opposants des autorités installées par l'armée après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi, ont indiqué des responsables de sécurité, ajoutant que d'autres violences entre étudiants avaient eu lieu à l'Université du Caire jeudi.

Un tribunal du Caire a par ailleurs condamné 38 étudiants d'Al-Azhar à 18 mois de prison pour "participation à des violences" sur le campus en octobre, selon l'agence officielle Mena.

Partisans et opposants du nouveau pouvoir se sont souvent battus depuis la destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet par l'armée. Pour les manifestants pro-Morsi, tués ou arrêtés dans la rue, les universités sont devenues depuis la rentrée le dernier bastion de leur mobilisation.

Plus d'un millier des partisans du président déchu ont été tués par la police et l'armée depuis le 14 août et plus de 2.000 Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, ont été arrêtés, dont leurs principaux leaders.

Le gouvernement a également annoncé jeudi qu'il allait renforcer le pouvoir de la police et de l'armée pour lutter contre le "terrorisme", toujours selon Mena.

Depuis la destitution de M. Morsi, des dizaines de policiers et militaires ont été tués dans des attentats dans le Sinaï, péninsule proche d'Israël et de Gaza en proie depuis longtemps à des violences de groupes armés jihadistes et de tribus de bédouins hostiles au pouvoir central.

Mercredi matin, près d'Al-Arich, chef-lieu du nord du Sinaï, une voiture a explosé au passage d'un autobus qui transportait des soldats, faisant 11 morts et 34 blessés, l'attaque la plus sanglante depuis une embuscade contre un convoi des forces de sécurité en août qui avait fait 25 morts.

Jeudi, un policier égyptien a été tué au nord du Caire alors qu'il était en mission pour arrêter des suspects du meurtre d'un officier des renseignements assassiné dimanche.

Un groupe basé dans le Sinaï et lié à Al-Qaïda avait revendiqué cet assassinat.

Plus tard dans la journée, un autre policier a été tué par deux hommes armés alors qu'il patrouillait à Ismaïliya, selon des responsables de sécurité, précisant qu'un des deux hommes avait été arrêté.

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