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20/11/2013 01:58 EST | Actualisé 20/01/2014 05:12 EST

Une nouvelle étude fédérale sous-estimerait le taux d'hépatite B et C

TORONTO - Une nouvelle étude fédérale présente les premières estimations du taux de Canadiens infectés par les hépatites B et C, mais ces chiffres sont bien en-dessous de la réalité, soutiennent des experts.

Les chiffres, publiés mercredi par Statistique Canada, sont tirés de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, qui comprenait un volet d'analyse sanguine des 8434 participants âgés de 14 à 79 ans entre 2007 et 2011.

L'étude révèle que 0,4 pour cent des participants souffraient de l'hépatite B, et 0,5 pour cent de l'hépatite C. La moitié des gens qui étaient infectés par l'hépatite B ont affirmé qu'ils l'ignoraient. Cette proportion grimpe à 70 pour cent pour ceux qui ont l'hépatite C.

Des experts préviennent depuis un certain temps déjà que le Canada ferait face à une crise sans précédent à cause de l'hépatite C non détectée et non traitée chez les baby-boomers, qui provoquera une hausse des cas de cancers et d'insuffisances du foie.

Le président du conseil de la Fondation canadienne du foie, Morris Sherman, croit que ces estimations ne sont pas très utiles car elles sont faussement rassurantes sur l'étendue du problème.

«Je pense qu'elles sont dommageables et contreproductives, parce qu'elles minimisent l'état réel des choses», a dit l'hépatologue à l'Hôpital général de Toronto.

Bien que l'enquête signale 138 600 Canadiens ayant l'hépatite C, le propre site Internet de Statistique Canada dénombre près de 300 000 cas diagnostiqués, remarque M. Sherman. L'hépatite C est une maladie à déclaration obligatoire.

L'Enquête canadienne sur les mesures de la santé vise à mener des tests sur un échantillon représentatif de la population afin de dégager une tendance de différentes maladies ou états, telles que l'hypertension, le diabète ou l'obésité. Elle n'inclut pas les Autochtones vivant sur des réserves, les prisonniers, les membres des Forces armées ni les gens vivant dans certaines régions éloignées.

Pour mieux refléter la réalité, l'enquête devrait s'attarder davantage à certains groupes de la population qui sont habituellement peu enclins à participer à ce genre d'étude, affirme Mel Krajden, expert en hépatite C en Colombie-Britannique.

Parmi ces groupes, il nomme les toxicomanes, les itinérants, les Autochtones, les prisonniers et les immigrants de certaines parties du monde où ces infections sont plus fréquentes qu'au Canada, telles que l'Asie du sud, la Chine et l'Europe de l'est.

«L'étude n'a pas été faite spécifiquement pour comprendre l'épidémiologie des hépatites B et C. À moins de prendre des échantillons appropriés de ces populations, on risque de ne pas estimer correctement la situation», explique M. Krajden.

Il convient toutefois qu'il est très difficile de représenter correctement ces groupes. Les immigrants de certaines régions du monde peuvent être particulièrement méfiants face à ce genre d'étude.

Par ailleurs, la compagnie pharmaceutique Janssen Inc. a annoncé mercredi que Santé Canada avait approuvé son médicament contre l'hépatite C, le Galexos (ou simeprevir).

Les médecins attendaient impatiemment l'approbation de ce médicament et d'un autre toujours en attente d'homologation, car ils seraient plus faciles à prendre pour les patients et présenteraient un meilleur taux de succès.

Ces nouveaux produits seront toutefois très coûteux et les experts s'inquiètent que cela ne ralentisse leur utilisation.

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