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20/11/2013 02:37 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

Promenade Samuel-de-Champlain : l'avis du BAPE surprend

La Commission de la capitale nationale du Québec est étonnée de certaines recommandations réclamées par le BAPE sur son projet de prolongement de la promenade Samuel-de-Champlain entre les côtes de Sillery et Gilmour. L'organisme s'engage toutefois à étudier sérieusement les recommandations au moment où le maire de Québec, lui, défend le projet initial.

Dans un rapport rendu public mardi, les commissaires du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) recommandent notamment de revoir le tracé de la voie ferrée, d'éliminer le bassin de baignade au profit d'une plage naturelle et de réduire les espaces de stationnements.

« Les commissaires souhaitent qu'on change un peu nos façons de faire en donnant plus d'accès physiques au fleuve. C'est un aménagement un petit peu plus champêtre. Ce n'est pas la vision qu'on avait, mais on est prêt à regarder attentivement les recommandations », a commenté la présidente de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ), Françoise Mercure.

Françoise Mercure a assisté à toutes les audiences publiques, elle a entendu les 25 mémoires présentées. La présidente de la CCNQ s'attendait à des critiques « pour nous permettre de bonifier le projet », mais pas autant, laisse-t-elle entendre.

Le commentaire du BAPE voulant que le projet ne soit pas « suffisamment ficelé » a déplu à François Mercure. La Commission travaille sur l'aménagement de la phase 3 depuis quatre ans, des dizaines d'études ont été réalisées. « On a fait toutes les études qui nous avaient été recommandées que ce soit  l'archéologie, l'arpentage [...] il y en a des caisses d'études », soutient-elle.

La présidente défend également le projet de bassin pour la baignade à l'anse Saint-Michel. « Nous, on propose aux gens une expérience de baignade 100 % du temps, alors que dans le fleuve, ce n'est pas possible. On ne retient pas vraiment le commentaire », dit-elle.

La présidente indique que la Commission est déjà à « pied d'œuvre » pour regarder comment l'organisme peut intégrer les avis des commissaires en collaboration avec les autres partenaires du projet, comme le Canadien National, le Port de Québec et le ministère de l'Environnement.

La Commission verra notamment avec le CN si des axes piétons peuvent être aménagés à même le viaduc où circulent les trains, comme le recommande le BAPE.

Labeaume « n'en revient pas »

« Ce rapport-là, c'est comme si un groupe de pression avait déposé un rapport sur des audiences publiques sur Samuel-de-Champlain. On n'y comprend rien, il y a là une grosse confusion des genres », soutient Régis Labeaume, en réaction aux conclusions du BAPE.

Le maire de Québec estime que les commissaires du Bureau d'audiences publiques en environnement ont outrepassé leur mandat en commentant notamment la rentabilité économique du projet et le bassin pour la baignade.

Le seul point concédé par le maire Labeaume concerne la voie ferrée. Il donne raison au BAPE qui privilégie de garder le chemin de fer à sa place actuelle pour une question de sécurité.

Le maire va rencontrer Françoise Mercure jeudi pour discuter du dossier. « On va travailler sur les rails de chemin de fer, mais le reste, ça a du bon sens. On ne remettra pas en question le travail de dizaines de personnes très intelligentes parce que deux commissaires ont décidé que ce n'était pas à leur goût », tranche-t-il.

Est-ce que les modifications qui pourraient être apportées réduiront les coûts comme le veut le BAPE ? La présidente de la CCNQ soulève un doute, mais il est trop tôt pour l'affirmer. Trop tôt aussi pour savoir si l'échéancier sera modifié.

Le début des travaux est prévu à l'automne 2014 et la fin en juin 2017.

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