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20/11/2013 07:48 EST | Actualisé 20/01/2014 05:12 EST

Des militants de l'organisation Greenpeace ont escaladé la Biosphère

MONTRÉAL - Trois activistes de Greenpeace ont escaladé mercredi matin la Biosphère de Montréal pour y déployer une bannière réclamant la libération des 30 militants de leur organisation qui sont présentement détenus ou en liberté conditionnelle en Russie.

«Greenpeace ne se laissera pas bâillonner», a déclaré le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, au pied de la Biosphère. «Greenpeace va continuer à faire des actions de désobéissance civile pacifiques comme on le fait depuis 42 ans. Actuellement, on vit une grave attaque à la liberté d'expression, au droit de manifester.»

Les trois militants s'étaient installés dans la structure de l'immense boule métallique à bonne heure et sont ensuite redescendus vers midi, emmenant avec eux la banderole.

Greenpeace s'étonne du silence du gouvernement Harper, qui a multiplié les pressions publiques pour libérer deux Canadiens détenus en Égypte mais qui n'est toujours pas intervenu publiquement pour dénoncer l'attitude du gouvernement russe dans ce dossier.

«Clairement, le gouvernement canadien pourrait prendre position sur la place publique, pourrait à tout le moins établir une discussion avec Greenpeace d'un point de vue politique et non pas se contenter de l'encadrement consulaire de base qu'ils assument présentement.»

Greenpeace fait valoir que l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, notamment, de même qu'un collectif de récipiendaires du prix Nobel ont réclamé cette libération.

Bien qu'il soit conscient que le gouvernement Harper n'est pas très sympathique face à son organisme, Patrick Bonin espère que celui-ci saura quand même faire la part des choses.

«On ose espérer que le gouvernement canadien n'a pas deux classes de citoyens; des citoyens qui défendent l'environnement et d'autres citoyens, ce qui ferait en sorte qu'il ne voudrait pas aider les citoyens qui défendent l'environnement», a-t-il indiqué.

Les policiers montréalais ne sont pas intervenus, puisque la démarche des militants écologistes était pacifique. Cependant, une fois redescendus, les trois grimpeurs ont été formellement identifiés et les policiers leur ont remis une citation à comparaître sous une accusation de méfait.

Andreanne Lalonde, Philippe Dumont et David Major devront se présenter en Cour le 20 ou le 21 février prochain, selon le cas.

Leurs collègues en Russie ont été appréhendés le 19 septembre lors d'une opération quasi-militaire d'abordage du navire de Greenpeace par les forces russes après que certains d'entre eux eurent escaladé une plateforme pétrolière pour protester contre les forages en Arctique.

«Aller forer en Arctique c'est de la folie, a fait valoir M. Bonin. «On sait qu'il y aura des déversements, qu'on ne sera pas capable d'intervenir et que les compagnies pétrolières, avec la complicité des gouvernements, veulent simplement profiter de la fonte de l'Arctique, des changements climatiques pour aller chercher davantage de pétrole et empirer le problème.»

Deux Canadiens se trouvent parmi les 30 accusés en Russie, dont le Montréalais Alexandre Paul qui est toujours détenu en attendant sa comparution, prévue ce jeudi à Saint-Petersbourg.

L'autre Canadien, l'Ontarien Paul Ruzycki a été remis en liberté sous caution plus tôt cette semaine.

Mercredi, le tribunal de Saint-Petersbourg a libéré sous caution deux autres membres de l'organisation écologiste, en l'occurrence Faiza Oulahsen, des Pays-Bas, et Alexandra Harris, de la Grande-Bretagne, contre une caution de deux millions de roubles, soit 64 000 $.

Elles s'ajoutent aux 12 autres personnes libérées plus tôt cette semaine en attendant leur procès.

Elle a toutefois refusé de libérer un Australien, qui restera en détention jusqu'au mois de février.

Il n'a pas été possible de savoir si les militants pourront quitter le pays mais ils n'ont plus de passeports, ceux-ci ayant été saisis par les autorités russes.

Initialement accusés de piraterie, ils ont finalement reçu des accusations de hooliganisme, une infraction passible de sept ans d'emprisonnement en Russie.

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