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20/11/2013 05:27 EST | Actualisé 20/01/2014 05:12 EST

Citoyenneté à vendre: le gouvernement de Malte recule face au tollé

VALLETTA, Malte - Face à la levée de boucliers, le gouvernement de l'île de Malte a reporté indéfiniment la promulgation de la loi qui permettait d'acheter sa citoyenneté maltaise, et, du même coup, son entrée dans l'Union européenne, pour quelque 850 000 $.

Le gouvernement a fait marche arrière bien que le projet de loi ait déjà été adopté par le Parlement et que le président, George Abela, l'ait signé.

Ce revirement inattendu laisse croire que le premier ministre de l'île de Malte, Joseph Muscat, a été sensible à l'opposition virulente de ses rivaux politiques, des syndicats et des Maltais, sans compter une presse internationale relativement négative.

Le projet de loi aurait permis à tout étranger de 18 ans et plus d'acheter un passeport maltais et ce, sans exiger en retour des investissements ou le fait de résider sur l'île. Cet étranger se serait aussi, par le fait même, assuré une porte d'entrée pour n'importe lequel des 27 pays membres de l'UE, puisque Malte en fait partie.

Selon le gouvernement maltais, une telle mesure devait permettre d'amasser environ 40 millions $ par année, ce qui aurait contribué à améliorer les finances du pays en difficulté.

Or, le premier ministre Muscat a déclaré tard mardi devant les parlementaires que son gouvernement était prêt à tenir des discussions avec l'opposition officielle, le Parti nationaliste, afin de négocier certaines modifications à la loi. Il a aussi laissé entendre qu'il demanderait la tenue d'un référendum si aucune entente ne pouvait être conclue.

Le Parti nationaliste s'est férocement opposé à la loi, s'engageant, si ses membres étaient reportés au pouvoir, à l'abroger et à retirer leur citoyenneté à tous ceux qui l'auraient obtenue de cette manière.

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