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Fin de «La galère» : une page se tourne pour Renée-Claude Brazeau

Publication: Mis à jour:
RENEECLAUDE BRAZEAU
Agence QMI

Elles ont galéré sur les ondes d'Ici Radio-Canada Télé pendant six saisons et, lundi soir, Stéphanie, Claude, Isabelle et Mimi ont tiré leur révérence dans un épisode à l'image de ce que fut La galère pendant toutes ces années, c'est-à-dire dans un amalgame de rires et de larmes. Mardi, c'est une Renée-Claude Brazeau sereine que le Huffington Post Québec a jointe au téléphone pour tracer le bilan cette aventure, sa première à titre d'auteure de fiction télévisée.

«Je n'ai pas pleuré tant que ça», s'est d'entrée de jeu étonnée l'âme de La galère. Pendant l'ultime diffusion, les quatre actrices principales, Hélène Florent, Anne Casabonne, Geneviève Rochette et Brigitte Lafleur, ainsi que d'autres têtes d'affiche de la série, étaient toutes réunies chez elle, et le groupe a abondamment échangé avec les téléspectateurs sur Facebook.

«Brigitte, Anne et les autres avaient tous une petite larme au coin de l'œil, mais on a fait notre deuil étape par étape. Pour moi, le pire était derrière. C'est fait, et je suis contente, même si ça me fait de la peine. Ça restait mon choix d'arrêter mais, de la façon dont je le gère, tout le monde a compris que, même moi, je ne suis pas capable de faire des adieux définitifs. Je garde une porte ouverte dans mon cœur, et on verra si je la prendrai ou pas. Chose certaine, je n'aurais jamais fait mourir les filles!»

De fait, Renée-Claude a laissé entendre à plusieurs reprises que ses anti-héroïnes pourraient revenir dans des spéciaux ou même dans une véritable suite, d'ici quelques années.

Finir sur l'espoir

Dans les derniers jours, Renée-Claude Brazeau avait avancé que la finale de La galère serait ouverte et, effectivement, l'image de nos quatre mamans imparfaites et de la jeune Fred (Anne-Marie Compagna), la fille de Claude, cajolant leurs poupons tout de jaune vêtus, avant la tombée du générique, laissait planer toutes les possibilités pour un éventuel retour ou pour donner libre cours à l'imagination du public. Au mariage de Stef avec Marc (Denis Bernard), Antoine (Gabriel Sabourin) a titillé Claude derrière le visage mauvais de celle-ci, Mimi s'est excitée de sa relation nébuleuse avec François (Patrice Godin), Isa n'a pas reconnu son beau Éric (Jean L'Italien) sur le parvis de l'église, l'Alzheimer faisant des siennes... et la mariée a trompé son promis avec son ex, Michel (Daniel Parent), juste avant de prononcer le «oui» fatidique et d'accoucher, neuf mois plus tard, d'un bébé dont l'identité du père est inconnue. Mais c'est quand même le tableau conjuguant maternité et amitié qui a fermé l'ensemble, sur une note de joie et d'émotion.

«Je trouve ça juste beau, a mentionné Renée-Claude. Ça ne finissait pas sur un suspense, mais sur un espoir. Moi, j'aime les bébés. Des gens m'ont dit que d'avoir cinq bébés, toutes en même temps, ça ne se pouvait pas. Eh bien, tant pis! Avec les bébés, on ne se trompe jamais. Maintenant, les filles ont 13 enfants et elles ont besoin d'un autobus pour les transporter. Pour moi, ça répondait à un fantasme!»

Or, en 2007, au tout premier épisode, lorsqu'on assistait, le regard ahuri, à l'énième avortement désinvolte de Stef, à la quête de l'âme sœur de Mimi, aux infidélités de Jacques (Jeff Boudreault) dans le dos d'une Isa soumise et à la froideur de Claude envers sa progéniture, on était loin de se douter que nos quatre complices finiraient par donner naissance presque simultanément. D'ailleurs, Renée-Claude avoue avoir bifurqué de son plan de match initial et imaginé une autre conclusion en cours d'écriture.

«J'avais une fin prévue depuis le tout, tout début, mais je ne l'ai pas faite, a-t-elle expliqué. Ça ne marchait pas, ça ne coïncidait pas comme mon cœur me le dictait. Mais je garde mon idée; on ne sait jamais, je pourrais en avoir besoin...»

De longues vacances

Bien présente sur Facebook, mais complètement absente de Twitter, Renée-Claude Brazeau affirme ne pas avoir lu les critiques qui ont défilé sur les réseaux sociaux pendant la présentation de la dernière heure de La galère. Plusieurs ont trouvé le dénouement exagéré et la quasi-totalité de ce sixième volet plus faible que les précédents, mais l'auteure refuse de s'attarder à ces opinions.

«Je ne savais même pas, a-t-elle lancé. Je ne lis pas les commentaires négatifs. Moi, je ne pense rien de ça. C'est plus agréable quand tout le monde aime ça, mais maintenant, c'est écrit, c'est diffusé, et je ne peux plus rien faire.»

«La galère, c'est une série d'amour, a-t-elle ajouté. Les gens aiment les filles comme si elles étaient leurs amies. L'an dernier, j'ai fait mourir Madame Baer, et les téléspectateurs étaient déçus. Je n'aime pas dire ça, mais ç'a toujours été un peu "tiré par les cheveux". Il n'y a rien de nouveau là-dedans. C'est ce qui est le fun de La galère. Il y a toujours eu beaucoup de compassion là-dedans.»

Pour l'instant, Renée-Claude Brazeau ne planche sur aucun projet concret, même si toutes sortes d'effluves flottent dans l'air. Elle pourrait écrire une autre télésérie ou un film, tourner un documentaire, revenir à l'animation à la radio ou à la télévision, rien n'est encore amorcé officiellement. En ce moment, elle compte s'offrir de longues vacances et «mettre le compteur à zéro, prendre le temps de lire [son] journal le samedi matin, avec son café, comme dans les annonces», ce qu'elle dit n'avoir jamais fait, et repousse la perspective de s'imposer un quelconque «deadline». Et elle ne craint pas l'appel du vide.

«Quand j'ai quitté l'émission de Paul Arcand, à la radio, après 10 ans, j'étais certaine que le téléphone allait sonner, a-t-elle relaté. Mais ça n'a pas été le cas. Je m'étais surestimée! Et j'avais animé à nouveau peu de temps après. Ce n'est pas la première fois que je me mets en situation de danger. Je n'haïs pas ça, ne pas savoir...»

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