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19/11/2013 10:15 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

Ottawa devra décider s'il brouillera les ondes des prisons du Québec

Québec veut rendre les cellulaires inopérants pour ceux qui se trouvent derrière les barreaux. Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a demandé mardi à Ottawa de brouiller les ondes cellulaires au sein des centres de détention, un dossier qui tombe sous la responsabilité du gouvernement fédéral. 

Selon le ministre, il s'agit d'un moyen technologique « absolument efficace » pour empêcher les détenus de poursuivre leurs activités criminelles. Des ondes cellulaires permettent « certainement de téléguider de l'intérieur des murs de nos établissements de détention des activités illégales à l'extérieur des murs », a-t-il plaidé.

« [Les cellulaires], c'est pour planifier des introductions de drogues à l'intérieur des murs des nos établissements de détention, c'est pour planifier des évasions. Il faut resserrer les moyens de contrôle comme nous le faisons depuis certaines années », croit le ministre Bergeron.

Le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec a salué l'intervention du ministre.

« Cette intervention va dans le sens de nos démarches, car nous réclamons le brouillage des ondes cellulaires depuis longtemps pour rendre les établissements plus sécuritaires », a indiqué le président du syndicat, Stéphane Lemaire, par voie de communiqué.

Un « drapeau agité pour rien »

Le criminologue et chargé de cours à l'École de travail social de l'Université Laval, Jean-Claude Bernheim, dénonce cette prise de position publique. Le phénomène est réel, certes, mais il a peu « d'impact dans le fonctionnement quotidien d'une prison », a-t-il expliqué.

« Ça se produit indéniablement, mais on peut penser que ça existait avant et que ça va se poursuivre après », a ajouté le criminologue.

L'an dernier, 407 cellulaires ont été saisis dans les 18 prisons québécoises, une hausse de 65 %. « Est-ce que ces 400 cellulaires ont servi à commettre des crimes violents ou pas? Est-ce que ça a mis en sécurité le public ou pas? a questionné M. Bernheim. Et quand on parle d'évasions, combien d'évasions ont eu lieu à cause d'un cellulaire? J'aimerais bien le savoir. »

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