NOUVELLES
19/11/2013 01:49 EST | Actualisé 18/01/2014 05:12 EST

Lorraine Pagé élue par une seule voix de majorité

Après un recomptage judiciaire, l'ancienne syndicaliste Lorraine Pagé, candidate pour l'équipe de Mélanie Joly, remporte son élection par une seule voix de majorité et devient conseillère du district Sault-au-Récollet dans l'arrondissement d'Ahunstic-Cartierville. Le résultat du scrutin, qui lui donnait huit voix de majorité, était contesté par Nathalie Hotte, de l'Équipe Denis Coderre.

Croyait-elle à sa victoire lorsqu'elle s'est lancée? « C'était David contre Goliath », a reconnu Mme Pagé à l'émission 24/60. « Les équipes en présence étaient des équipes fortes : Projet Montréal était implanté depuis des années, M. Coderre avait sa notoriété et la machine libérale derrière lui, même chose pour Coalition Montréal. »

« En même temps, j'ai tellement dit à des jeunes femmes "allez-y" que j'ai eu le goût d'apporter mon appui à l'une d'entre elles », poursuit-elle. « Et avec tout ce que j'ai fait, je me disais que c'était peut-être ma dernière expérience à vivre et que je devais passer de la parole aux actes moi aussi. »

L'ex-présidente de la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ) fait partie des quatre élus de l'équipe de Mélanie Joly qui ont obtenu une place au conseil municipal, sur huit élus. « C'est un parti qui ne peut que croître », croit-elle.

Sa victoire à peine annoncée, Lorraine Pagé a invité le maire Denis Coderre à écouter les citoyens qui n'ont pas voté pour lui. « M. Coderre n'a pas été élu par une majorité de Montréalais et Montréalaises. Il devra donc aborder son mandat avec l'humilité que cela commande. Et cela veut dire se mettre à l'écoute des autres élus qui représentent tous ceux et toutes celles qui n'ont pas voté pour son administration. »

Lorraine Pagé compte entre autres sur son expérience pour se faire entendre au conseil municipal. « Cela a été l'essentiel de ma vie d'être une personne qui en représentait d'autres. Je sais quelle rigueur, quelle honnêteté, quelle constance cela demande. Je vais aussi apporter ma connaissance de Montréal, puisque j'y vis depuis toujours », dit-elle.

Une habituée des élections serrées

Ce n'est pas la première fois que Mme Pagé est élue avec une seule voix de majorité. « La première fois que je me suis présentée à un poste électif à la CEQ dans les années 80, j'ai été élue par une voix de majorité », raconte-t-elle­. « J'ai fait 20 ans après à la centrale, je ne sais pas si je ferai 20 ans au municipal, mais ça m'a fait revivre plein d'émotions. »

Mme Pagé a été la première femme à diriger une centrale syndicale au Québec. En 1988, elle a succédé à Yvon Charbonneau à la tête de la CEQ, qui est devenue plus tard la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

D'autres dépouillements

Deux autres résultats de recomptages judiciaires sont attendus d'ici jeudi. L'Équipe Denis Coderre a demandé deux dépouillements pour des postes de conseillers remportés par des membres de l'équipe de Manon Barbe dans l'arrondissement de LaSalle. Le candidat de l'équipe de M. Coderre, Dino Masanotti, a obtenu 29 votes de moins que Josée Troilo, alors que sa collègue Anju Dhillon a perdu l'élection par 61 voix contre Serge Declos.

La Cour du Québec a ordonné un dépouillement judiciaire dans le district François-Perrault, dans Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension. Claude Bricault, de l'Équipe Denis Coderre, conteste l'élection de Sylvain Ouellet, de Projet Montréal, avec 11 voix de majorité.

Un autre recomptage aura lieu à compter de lundi prochain pour le poste de conseiller de ville dans le district Saint-Léonard-Est, à la demande de Projet Montréal. Roberta Peressini a été défaite par le candidat de Marcel Côté, Domenico Moschella, avec un écart de 80 voix. « Bien que l'écart absolu ne soit pas si faible, le taux extrêmement élevé de bulletins rejetés [plus de 3000 bulletins de vote, soit 38 %] ne nous laisse pas d'autre choix que d'aller voir de plus près ce qui s'est passé », a indiqué le directeur général de Projet Montréal, Patrick Cigana.

PLUS:rc