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19/11/2013 11:03 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

Intrigues et concubines : des officiels chinois mis à nu

C'est une lettre qui fait fureur depuis quelques jours sur les médias sociaux en Chine. Un pacte, rédigé en six points, stipulant les obligations que doivent respecter un officiel du parti communiste et sa maîtresse pour que leur relation extraconjugale se poursuive.

Un texte d'Yvan Côté à Pékin

Au coeur de ce nouveau scandale sexuel : de l'argent, l'attrait du pouvoir et un agent de l'impôt, Tao Yi, depuis suspendu pour avoir brisé la confiance du parti avec ce mystérieux contrat.

Les six points en détail :

  1. Les deux parties ne pourront pas avoir de relations avec une autre personne pendant que leur état matrimonial ne sera pas clarifié;
  2. Les deux parties se rencontreront au minimum une fois par semaine;
  3. En cas de dispute, les deux parties aviseront leur amant(e) de la séparation par voie écrite;
  4. En cas de violation du premier point, la partie fautive versera à la partie victime des dommages et intérêts s'élevant à 10 000 yuans (1700 $);
  5. La partie féminine ne pourra pas s'impliquer ou déranger la vie professionnelle ou familiale de la partie masculine, sous peine de pénalité;
  6. La partie masculine devra soutenir financièrement la partie féminine, selon une somme qui sera à négocier.

Elle met leurs photos intimes sur le web

Si avoir une maîtresse n'a rien de nouveau en Chine, la version moderne de la concubine semble cependant être devenue une aventure qui met de plus en plus de hauts dirigeants dans l'embarras.

En juillet, Ji Yingnan, 26 ans, la maîtresse d'un directeur des Archives d'État, a décidé de publier des centaines de photographies de sa relation avec son amant sur le web. La jeune femme dit avoir agi de la sorte après avoir découvert que Fan Yue avait une femme et un enfant.

Robe et voiture de luxe

L'affaire qui, à première vue, aurait pu relever du domaine privé, a toutefois permis d'ouvrir une remarquable fenêtre sur le type de vie que mènent plusieurs dirigeants du parti communiste à l'insu de leurs concitoyens. En effet, malgré son modeste salaire, l'amante a raconté que Fan Yue lui avait offert une robe Prada de 10 000$ lors de leur première sortie. Le mois suivant, le fonctionnaire lui a loué un appartement et a acheté pour 16 000 $ de meubles. Puis il a décidé de lui offrir une voiture, rien de moins qu'une Audi A5.

Après des années à vivre en intouchables, le statut des officiels Chinois est maintenant mis à rude épreuve en raison de leurs relations extraconjugales. En août, les médias d'État ont réclamé que les officiels soient bannis des bars, après qu'un groupe de juges de Shanghai ait été surpris avec des prostituées.

Puis en février, le ministre des chemins de fer a dû quitter son poste après que des journaux aient rapporté qu'il avait détourné pour 152 millions de dollars de fonds publics. Au-delà de l'argent, ce qui a surtout retenu l'attention dans cette affaire, c'est le nombre de maîtresses qu'avait Liu Zhijun : 18. Dix-huit femmes qu'il entretenait à coup de dizaines de milliers de dollars avec l'argent des contribuables.

Soupçons de meurtre

Le cas le plus troublant est cependant survenu en décembre. Les autorités chinoises ont emprisonné un officiel de la province de Hubei parce qu'il aurait étranglé l'une de ses maîtresses. L'incident se serait produit après que celle-ci, enceinte de jumeaux, lui a demandé de l'épouser ou de lui remettre 300 000 $. Pris de panique l'officiel du gouvernement aurait décidé de l'étouffer pour mettre fin au chantage et aurait par la suite jeté son corps dans une rivière.

 Si l'histoire du pacte n'a rien d'aussi dramatique que ce meurtre, elle révèle néanmoins au public une nouvelle facette de leurs dirigeants. La désinvolture avec laquelle plusieurs d'entre eux monnayent maintenant leurs relations.

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