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19/11/2013 09:21 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

17 morts dans des inondations exceptionnelles en Sardaigne

AFP

OLBIA (AFP) - Des inondations ont fait 17 morts dont 4 enfants et d'importants dégâts matériels lundi dans l'île italienne de Sardaigne, frappée par un évènement qualifié d'"exceptionnel" par les autorités.

Le bilan encore provisoire est de "17 morts" mais on compte "des disparus", a indiqué le président de la région, Ugo Cappellacci.

Ces tempêtes "ont frappé environ 20.000 personnes", a indiqué à l'AFP Gianfranco Galaffu, directeur de la protection civile départementale.

"Nous cherchons dans les maisons, dans les sous-sols, spécialement dans des zones périphériques. Il y a beaucoup à faire, l'activité est frénétique. Maintenant nous nous occupons seulement des urgences", a-t-il ajouté, précisant que l'aide arrivait de toutes les régions de la Sardaigne et du reste de la péninsule.

Les sauveteurs cherchaient encore à atteindre des zones rurales ou montagneuses difficiles d'accès en raison de glissements de terrain et de l'effondrement de ponts. Les pompiers ont effectué plus de 600 interventions. Silvio Saffiotti, chef de la brigade pour la Sardaigne a déploré que "beaucoup de camions de pompage" soient eux-même bloqués dans des zones inondées.

Le gouvernement a décrété l'état d'urgence afin de débloquer immédiatement 20 millions d'euros "pour le sauvetage de vies humaines, l'assistance aux évacués, la remise en service des routes", a déclaré le Premier ministre Enrico Letta en parlant d'"évènement absolument exceptionnel".

Olbia, une destination touristique prisée l'été, a été presque entièrement inondée. Des centaines de résidents ont été évacués et hébergés dans des hôtels, salles de sport ou pris en charge par d'autres habitants par le biais d'une page Facebook "Ouvrons nos maisons à nos concitoyens".

Parmi les morts figurent quatre membres d'une famille brésilienne retrouvés noyés dans leur appartement en sous-sol à Arzachena, non loin d'Olbia.

Certains habitants se sont plaints de ne pas avoir été correctement avertis. "Une alerte avait été lancée par la protection civile avec le code +rouge+ de risque maximum, non seulement pour la quantité de pluie mais aussi Le risque d'inondations", a expliqué à l'AFP l'ingénieure Paola Pagliara, responsable des risques hydro-géologiques de cet organisme public.

Le phénomène a été, selon l'ingénieure, "exceptionnel par son ampleur et son extension" puisqu'il a touché "toute la partie orientale de la Sardaigne avec des pointes de 440 mm de chutes d'eau autour de Nuoro, alors que la quantité normale en Italie est de 1.000 mm sur un an".

La responsable a souligné que, "chaque année, l'Italie est touchée par deux ou trois perturbations de ce genre, des cyclones méditerranéens qui n'ont rien à voir avec ce qui s'est passé aux Philippines ou au Vietnam".

La protection civile n'a d'ailleurs pas utilisé l'appellation "cyclone" contrairement aux médias italiens.

Quant à la prévention de ce type d'évènements, l'ingénieure Pagliara a rappelé que 82% des communes ont une zone à risque d'effondrement ou d'inondation.

"Il faut beaucoup de ressources, des milliards d'euros, pour des interventions structurelles, sur les cours d'eau, les versants à risque, et il y a aussi un problème d'urbanisation avec des constructions faites surtout dans les années 70/80 à des endroits à risque", a souligné Mme Pagliara.

Dans la seule zone d'Olbia (nord-est de l'île), 13 personnes ont trouvé la mort, dont trois d'une même famille tuées dans leur voiture par l'effondrement d'un pont routier ainsi qu'une mère et sa fille dont le véhicule a été emporté par les eaux.

Un policier qui escortait avec trois collègues une ambulance est décédé quand la route sur laquelle ils circulaient s'est effondrée, tandis que d'autres victimes sont mortes noyées dans leurs habitations.

Le mauvais temps s'est déplacé mardi sur le reste de la péninsule, notamment la Calabre où un village de 150 habitants a été évacué, et la zone de Naples, où la circulation des ferries a été interrompue.

Les intempéries ont entraîné aussi l'"acqua alta", le phénomène qui, à marée haute, recouvre régulièrement d'eau la ville de Venise. Celle-ci a atteint un niveau de 1,24 mètre au-dessus au-dessus du niveau de la mer.

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