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18/11/2013 05:50 EST | Actualisé 18/01/2014 05:12 EST

Un vrai dialogue avec les juifs hassidiques?

Les relations entre les juifs hassidiques et les autres Montréalais sont souvent tendues, mais l'élection d'une jeune hassidique à Outremont pourrait faciliter le dialogue.

Un reportage d'Émilie Dubreuil

Pour en savoir plus : Hassidisme 101

Hassid signifie piété en Hébreu. Pieux, les hassidim le sont indéniablement. Leur vie entière est tournée vers Dieu et ses enseignements.

Les groupes hassidiques sont ultraorthodoxes, mais les ultraorthodoxes juifs ne sont pas des hassidiques. Qu'est-ce que ça veut dire? Simplement que ce mouvement qui apparaît à la fin du 18e siècle en Europe de l'Est n'a pas comme seule caractéristique d'être très pratiquants. C'est une organisation sociale en soi. Complexe et fascinante.

Le chapeau, signe distinctif

D'abord, il existe plusieurs groupes hassidiques. On les distingue d'abord par leurs costumes, car les hommes de la communauté s'habillent en fonction de l'allure du fondateur. Si pour le commun des mortels, ces hommes en noir sont tous vêtus pareil, l'œil averti sera reconnaître un loubavitch (chapeau à la Al Capone) du satmar, qui porte un chapeau de fourrure circulaire.

Au Québec, on compte une dizaine de groupes hassidiques qui ont chacun leurs codes, leurs institutions et, surtout, leur Rebbe. Le Rebbe est le grand chef d'un groupe hassidique qui veille sur tous les aspects de la vie du groupe : finances, spiritualité, politique, etc. Dans chaque foyer du groupe, on trouve une photo du chef et de son épouse et, traditionnellement, les aînés des familles portent leurs noms. Le titre est héréditaire, épousant le principe de royauté.

Comme les groupes hassidiques sont dispersés de par le monde, les Rebbe ont des sièges sociaux, dont la majorité se situe à Brooklyn.

Au Québec, nous avons un seul Rebbe. Celui des tosh, qui habitent à Boisbriand. Vieux et malade, l'homme est considéré de par le monde comme un saint thaumaturge et de par le monde, on lui envoie des sous et des demandes pour qu'il intervienne auprès du Tout-Puissant.

Les loubavitch, principal groupe au Québec

Le groupe hassidique le plus important en nombre au Québec est celui des loubavitch (de la ville de Luba en Russie). Plus ouvert que les autres sur le monde extérieur, il est le seul à pratiquer le prosélytisme.

Phénomène intéressant, les juifs marocains très pratiquants qui ont immigré au Québec se sont joints en grand nombre à cette communauté. De ce fait, elle est la plus francophone du lot. Les loubavitch vivent dans Côte-des-Neiges, près du métro Plamondon.

À Outremont et dans le Mile-End, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, on retrouve principalement quatre groupes :

  • les satmars (de Satumari, en Ukraine);
  • les belz (de la ville de Belz, en Ukraine);
  • les bobovs (de la ville de Bobov, en Bulgarie);
  • les skvers (ville de Skvyra, Ukraine).

Ces groupes ont comme langue maternelle le yiddish. Ce qui fait de Montréal l'un des derniers endroits au monde où cette langue est bien vivante.

Entre eux, les groupes hassidiques entretiennent des amitiés, des alliances, mais aussi des inimitiés. Dissensions théologiques, mais aussi politiques. Certains, par exemple, sont contre l'État d'Israël, car ils estiment que seul le Messie peut redonner la Terre sainte aux juifs en exil.

Une éducation à l'extérieur du système

Par ailleurs, dans un souci de préserver leur différence de la contamination des temps modernes, tous les groupes hassidiques prônent une éducation à l'extérieur des systèmes scolaires des lieux où ils résident. Les garçons ont leurs écoles et les filles, les leurs. Dans les écoles de garçons, on privilégie nettement l'enseignement religieux. Les filles ont une meilleure formation séculière pour pouvoir tenir maison et interagir avec la société dans laquelle elles vivent.

Plusieurs écoles des communautés hassidiques contreviennent à la Loi sur l'instruction publique ou n'ont carrément pas de permis.

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