POLITIQUE
18/11/2013 04:37 EST | Actualisé 18/01/2014 05:12 EST

Le Canada en fin de classement dans la lutte au réchauffement climatique

PC

OTTAWA - La ministre fédérale de l'Environnement, Leona Aglukkaq, est arrivée lundi à Varsovie pour la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, mais elle est précédée de très faibles attentes à l'égard du rôle du Canada.

Un rapport européen dévoilé au moment de la tenue de la conférence classe le Canada au 55e rang sur 58 pays quant aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre, devançant seulement l'Iran, le Kazakhstan et l'Arabie saoudite.

Ce rapport annuel de Climate Action Network Europe et Germanwatch situe le Canada en fin de classement des pays développés en termes d'émissions par habitant, de développement des énergies renouvelables et des politiques sur le climat.

Une organisation établie à Washington, le Center for Global Development, a publié lundi un rapport distinct classant le Canada 27e sur le plan environnemental sur 27 pays parmi les plus riches.

Et un nouveau sondage téléphonique Environics en partenariat avec la Fondation David-Suzuki laisse croire que la confiance de la population canadienne envers le gouvernement en tant que leader dans la lutte au réchauffement climatique a chuté significativement — en recul de six points de pourcentage par rapport au niveau de 59 pour cent enregistré il y a un an.

La conférence annuelle sur le climat des Nations unies entre dans sa deuxième semaine de pourparlers, alors que les négociateurs à Varsovie tentent d'établir un plan international sur les changements climatiques pour l'après-2020. L'objectif est de livrer un nouveau modèle à l'occasion du sommet de Paris en 2015.

La ministre Aglukkaq affirme, dans un communiqué du gouvernement transmis avant son arrivée à la conférence, que le Canada joue un rôle de «chef de file» en mettant l'accent sur les «réels avantages environnementaux et économiques» apportés à l'ensemble de la population canadienne.

Mme Aglukkaq ajoute que le gouvernement du Canada s'est engagé à établir un accord «juste et efficace» sur les changements climatiques, «qui comprend des engagements de la part de tous les grands émetteurs».

«Comme l'année précédente, le Canada ne démontre toujours pas l'intention d'aller de l'avant avec des politiques sur le climat, et demeure par conséquent le pire acteur de tous les pays industrialisés», indique le rapport de Climate Action Network Europe et Germanwatch, publié lundi à Varsovie.

Le rapport comparatif est constitué annuellement par des militants environnementaux depuis 2005.

La Chine, ayant attiré l'attention cette année avec sa pollution atmosphérique meurtrière, «a amélioré son rendement comparativement à l'année précédente et a grimpé au 46e rang», indique l'étude, malgré que la Chine soit encore le principal émetteur de CO2 de la planète.

La Chine est en fait 43e sur 58 pays à l'étude, mais l'organisation a laissé vacants les trois premiers rangs pour refléter la place à l'amélioration même pour le pays le mieux classé, le Danemark.

Selon le document, la Chine, qui compte près de 19,5 pour cent de la population mondiale, est responsable de près de 23 pour cent des émissions mondiales. Le Canada, avec 0,5 pour cent de la population mondiale, émet 1,6 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Le débat hautement polarisé au pays semble avoir affecté l'opinion publique.

Environics a sondé 2003 répondants entre le 1er octobre et 17 octobre, et semble montrer que la confiance en la science des changements climatiques n'est pas encore revenue à son niveau de 2007 «lorsque les changements climatiques étaient le nouveau sujet de l'heure».

Six répondants sur dix ont dit croire que les changements climatiques sont bien réels et causés par l'activité humaine, une augmentation marginale par rapport à 2012, mais un résultat bien moindre par rapport à 65 pour cent en 2007.

La marge d'erreur est de 2,2 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

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