DIVERTISSEMENT
18/11/2013 11:59 EST | Actualisé 18/01/2014 05:12 EST

Pierre Samson remporte le Grand prix du livre de Montréal pour «La maison des pluies»

Courtoisie

MONTRÉAL - Il avoue être perfectionniste, «un peu maniaque», et c'est une des raisons expliquant pourquoi l'auteur Pierre Samson était heureux, lundi, d'avoir vu son roman «La maison des pluies» être choisi par le jury du Grand Prix du livre de Montréal.

Celui qui dit lire, relire, relire et relire encore chacune de ses oeuvres jusqu'à ce qu'il soit satisfait — ou du moins aussi satisfait qu'il puisse l'être — était honoré, ému même, que certains de ses pairs aient applaudi son travail.

Le jury du Grand Prix du livre de Montréal était présidé par la poète et romancière Nicole Brossard, qui a qualifié le roman de Samson de «véritable tourbillon linguistique et narratif».

«La maison des pluies» s'est démarquée des oeuvres des quatre autres finalistes: Martine Audet («Des voix stridentes pour rompues»), Alain Farah («Pourquoi Bologne»), Marcel Labine («Promenades dans nos dépôts lapidaires») et Catherine Leroux («Le mur mitoyen»).

«On est toujours content d'avoir une tape dans le dos ou sur l'épaule pour nous dire: "Bon travail!". Parce que c'est du travail. Moi, je ne crois pas vraiment au génie, je crois au travail, et ça, par exemple, je l'ai fait. J'ai travaillé très, très fort, alors, quand c'est reconnu, on est très content», a confié l'auteur à La Presse Canadienne, par téléphone, après avoir reçu son prix.

«La maison des pluies» raconte l'histoire d'un linguiste d'une quarantaine d'années qui a parcouru le monde pour faire des recherches sur les langues en voie de disparition. Il apprend par hasard qu'un jeune homme qui affirme être son fils a commencé à suivre sa trace. Le jeune homme ne veut pas le rencontrer mais souhaite plutôt revivre les épisodes de sa vie passée. Le protagoniste, qui veut rencontrer son fils, part donc à sa recherche et revit sa vie par les yeux et le parcours de son fils.

Le choix du métier de linguiste, pour son personnage principal, étonne peu lorsque l'on connaît l'amour de l'écrivain pour ce «mystère insondable» que sont la langue et les mots.

«Toujours, les mots sont là pour m'étonner et, j'espère, pour étonner les lecteurs. Les mots, c'est le squelette de toute une culture, donc j'ai mis plein de détails et d'information sur l'importance des différentes façons de parler à travers le monde, pour démontrer à quel point la langue, c'est quelque chose de précieux et en danger», a-t-il expliqué.

Pierre Samson avait parcouru des dizaines de milliers de kilomètres pour venir cueillir son prix, lui qui, il y a six mois, partait s'installer au Japon pour trois ans. L'écrivain avait déjà fait un séjour à Tokyo en 2011, qui l'avait inspiré pour une petite partie de «La maison des pluies». Il ne s'attend toutefois pas à ce que sa prochaine oeuvre, qu'il prévoit déposer chez son éditeur en 2015, soit teintée de la culture japonaise.

«C'est l'éloignement qui m'inspire, on dirait. Ça va se passer beaucoup à Montréal», a-t-il indiqué.

Le Grand Prix du livre de Montréal est doté d'une bourse de 15 000 $ remise par la Ville. Le lauréat a par ailleurs la possibilité de faire une tournée de promotion dans l'un des 80 pays où l'Association internationale des études québécoises a des membres.

L'an dernier, c'est Marie-Claire Blais qui avait remporté le prix pour son roman «Le jeune homme sans avenir».