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17/11/2013 10:46 EST | Actualisé 17/01/2014 05:12 EST

Théâtre de Quat'Sous : James Hyndman lit les mots d'Hemingway

Julie Rivard

James Hyndman et le Théâtre de Quat’Sous invitent les férus de littérature à s’imprégner des mots d’Ernest Hemingway ce lundi, alors que le comédien lira des extraits choisis du roman L’Adieu aux armes, dans le cadre de la série Amours romanesques, quatre rendez-vous programmés en marge de la saison régulière du petit établissement de l’avenue des Pins. Après avoir récité des morceaux de L’Amour aux temps du choléra, de Gabriel Garcìa Màrquez, il y a quelques semaines, Hyndman se mesurera cette fois à l’idylle tourmentée entre Frédéric Henry, un soldat américain blessé au front, et l’infirmière Catherine Barkley, qui veille à son chevet.

«Alors que Gabriel Garcìa Màrquez parle d’un amour tardif, fantasmé toute une vie mais jamais épanoui avant l’âge de 75 ou 80 ans, Hemingway, lui, nous transporte dans un amour de jeunesse, dans un contexte de guerre, romantique, explique l’acteur. Avec Garcìa, on est dans la truculence, mais Hemingway est un auteur plus viril, qui donne dans l’économie de moyens, avec des phrases courtes, qui vont droit au but. C’est une littérature en apparence très brute, mais il s’y cache une tendresse, un amour, qu’on ne pense pas nécessairement trouver à primer abord dans les mots d’Hemingway. L’Adieu aux armes est l’un des plus beaux romans de guerre de l’histoire de la littérature.»

Le concept des Amours romanesques est un dérivé des Studios littéraires, qui tenaient l’affiche de la Cinquième salle de la Place des Arts jusqu’à l’an dernier. James Hyndman y avait proposé, il y a quelques années, trois des quatre textes qu’il revisite aujourd’hui au Théâtre de Quat’Sous; il s’attaquera à L’insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera, en mars, et à L’Amant de Lady Chatterley, de D.H Lawrence, en mai. Des titres qui font tous état de grandes romances, mais qui n’ont aucun lien tangible entre eux.

«Je ne me voyais pas lire des choses qui n’étaient pas de véritables coups de cœur, qui ne m’avaient pas marqué et qui n’auraient pas de résonnance chez le public, précise James. J’avais choisi des textes qui avaient une signification pour moi, qui étaient importants dans mon parcours de lecteur, et que je trouvais populaires, rassembleurs. Je voulais raconter des histoires dans la tradition du narrateur-conteur, faire entendre la littérature de grands auteurs.»

Courroie de transmission

Au moment de faire ses lectures, James Hyndman est précédé, sur scène, de l’auteur Stéphane Lépine, qui se charge de renseigner l’assistance sur l’écrivain et l’œuvre choisis, et de situer les segments qui seront déclamés par rapport à l’ensemble du récit. Hyndman prend ensuite possession des lieux pour un exercice qui s’apparente à son métier de comédien, mais qui en est à la fois très différent.

«Quand je lis, je n’ai pas à m’occuper de moi, illustre l’artiste. L’acteur, sur scène, est très préoccupé par lui-même, et ce que je dis n’a rien de péjoratif. Il doit se soucier de ses déplacements, il doit être habité par toute une mécanique, afin que le tout soit organique. Il doit être présent, à la bonne place, dans son corps et son esprit. C’est pourquoi les acteurs sont souvent solitaires avant la lever du rideau. Donc, les lectures font en sorte que je suis moins occupé par moi-même que par le fait de transmettre, de rendre un propos intelligible. Je dois être une courroie de transmission pour faire vibrer les gens dans la salle, demeurer dans la simplicité de l’histoire.»

James Hyndman foulera, plus tard cet automne, les planches de l’Usine C dans La concordance des temps, en tandem avec Evelyne de la Chenelière, aussi auteure de la pièce, sous la direction du metteur en scène Jérémie Niel. Il sera aussi de la cinquième saison de Trauma, à Ici Radio-Canada Télé, en janvier.

S’il prête sa voix à de nombreuses publicités et à des documentaires, James Hyndman s’abstient de nommer les productions qu’il double. «Ça sert mieux la publicité et le travail», justifie-t-il simplement. Ici et là, il s’adonne également à l’écriture, sans nourrir de projet précis en ce sens. «Je gosse des bouts de bois, mais je ne sais pas ce que ça va donner», laisse-t-il tomber.

La lecture de L’Adieu aux armes ne se tiendra qu’un seul soir, ce lundi, 18 novembre, à 19h30, au Théâtre de Quat’Sous. L’entrée est au coût de 16$.

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