NOUVELLES
17/11/2013 11:34 EST | Actualisé 17/01/2014 05:12 EST

Quatre portraits de dénonciateurs au gouvernement fédéral

OTTAWA - Quatre portraits de dénonciateurs

Sylvie Therrien :

Fonctionnaire aux services d'intégrité de l'assurance-emploi, elle laisse savoir à un journaliste que les enquêteurs ont des quotas à remplir, doivent récupérer chacun, 35 000 $ à 40 000 $ par mois en prestations. Sa révélation, d'abord niée par le gouvernement fédéral, fait les manchettes au printemps 2013.

Renvoyée, elle est aujourd'hui sans emploi. Tout accès à la fonction publique lui est dorénavant pratiquement interdit; on lui a enlevé sa "cote de sécurité". Et elle n'a pas droit à l'assurance-emploi. Une campagne d'aide lancée par le Conseil national des chômeurs et chômeuses lui avait recueilli près de 20 000$ en date de vendredi.

=====

Allan Cutler:

Allan Cutler était l'employé de Charles Guité. Quand il lui a souligné les problèmes dans la gestion du programme des commandites, il a été rétrogradé. Une commission Gomery plus tard, il devient le visage du fonctionnaire dénonciateur, tente, sans succès, de se faire élire député conservateur.

Aujourd'hui, la Loi sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles le déçoit… Le gouvernement conservateur aussi.

====

Richard Colvin:

À l'automne de 2009, Richard Colvin a mis le feu aux poudres en témoignant devant un comité parlementaire. Il a révélé qu'entre avril 2006 et octobre 2007, alors qu'il était le numéro deux de l'ambassade canadienne en Afghanistan, il a constaté que le Canada ne vérifiait pas les conditions des détenus transférés par les militaires canadiens aux autorités afghanes. Il avait tiré la conclusion que ces détenus étaient probablement torturés. À l'époque, il en avait avisé ses supérieurs et ses collègues, envoyant une quinzaine de rapports et allant jusqu'à mettre 75 destinataires en copie. Pendant ce temps, le gouvernement canadien maintenait n'être au courant d'aucune allégation de torture des détenus.

Au moment de son témoignage au comité, M. Colvin était en poste à Washington, travaillant comme officier du renseignement à l'ambassade canadienne. Il a quitté les États-Unis à l'automne 2011 et est rentré à Ottawa. Ce n'est qu'en septembre 2013 que le ministère des Affaires étrangères l'a assigné à un poste. Il travaille maintenant sur les relations entre le Canada, la Russie et l'Ukraine.

====

Jeffrey Monaghan:

En mai 2007, Jeffrey Monaghan était un employé contractuel à Environnement Canada. Au dernier jour de son contrat, il a été arrêté et, menottes au poing, expulsé de son bureau. On a prétendu qu'il avait coulé le plan vert du gouvernement conservateur à un journaliste. M. Monaghan a subi un interrogatoire de la GRC mais il n'y a eu aucune accusation formelle. En 2008, il a intenté une poursuite de 50 000 $ contre la GRC. Son avocat a prétendu que le service de police utilisait son client pour intimider et faire taire les fonctionnaires. La cause a été réglée hors cour, à condition que l'entente demeure secrète.

Aujourd'hui, M. Monaghan est un étudiant au doctorat à l'Université Queen's, à Kingston, en Ontario.

PLUS:pc