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16/11/2013 11:17 EST | Actualisé 16/01/2014 05:12 EST

Silvio Berlusconi débouté par des transfuges issus de son propre parti

ROME - Le dauphin de l'ex-premier ministre italien Silvio Berlusconi s'est engagé samedi à assurer la survie du fragile gouvernement de coalition, alors qu'il s'est dissocié du magnat des médias et formé un parti de centre-droit qui pourrait s'opposer à son ancien chef.

Le vice-premier ministre Angelino Alfano a également opposé une fin de non-recevoir à la demande de Berlusconi pour former une alliance avec sa base électorale rétrécissante. M. Alfano s'est plutôt dit poussé à aller de l'avant avec le schisme, «pour l'amour de l'Italie».

Avant que les pouvoirs du Cavaliere ne soient grandement restreints par des scandales et des poursuites, M. Alfano avait été préparé pour éventuellement succéder à Berlusconi. Mais il a annoncé vendredi qu'il quittait Forza Italia, le parti de son ex-chef, pour former son Nouveau Parti de centre-droite.

M. Alfano, qui gère aussi le portefeuille de l'Intérieur au sein du gouvernement de coalition du premier ministre Enrico Letta, a insisté samedi sur le fait que l'État ne chuterait pas pendant encore au moins un an.

Il a ajouté que les quatre autres ministres du cabinet ayant eux aussi fait défection du parti du Cavaliere s'étaient engagés à demeurer dans la coalition. M. Albano a par ailleurs affirmé disposer de suffisamment de sénateurs et de députés au sein du Parlement, sans compter les forces de Berlusconi, pour aider à faire adopter des projets de loi pour relancer l'économie nationale.

«Le gouvernement sera stable», a-t-il dit. Plutôt que d'accepter la suggestion de Berlusconi consistant à former une alliance en vue de prochaines élections, M. Alfano a pressé les forces du Cavaliere de continuer à soutenir le gouvernement vieux de six mois. Le principal partenaire de la coalition est la Gauche démocrate de M. Letta.

Plusieurs parlementaires toujours loyaux à Berlusconi ont promis de retirer leur appui au gouvernement, dans le cas où le Sénat voterait rapidement pour faire perdre son siège à l'ex-premier ministre au Parlement en raison de sa condamnation pour fraude fiscale.

S'exprimant devant des journalistes, M. Alfano a décrit sa séparation d'avec son mentor politique comme était «douloureuse et amère». Mais il a soutenu avoir posé ce geste parce que les partisans de Berlusconi voulaient faire tomber le gouvernement de coalition, une stratégie qui «précipiterait le pays dans une situation que ne ferait qu'aggraver» la crise économique.

Après un an, et en assumant que l'économie se portera mieux, le ministre a dit qu'il serait temps d'envisager des élections anticipées pour voir si le centre-droit pouvait triompher.

L'ancien premier ministre italien Silvio Berlusconi avait invité, plus tôt samedi, les transfuges de son parti à au moins soutenir ses forces de centre droit contre ses ennemis de la gauche.

Abandonnant son habituelle attitude provocatrice, le magnat de la presse a tendu la main au ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, qui a quitté les rangs de sa formation politique vendredi afin de créer son «Nouveau Parti de centre droit».

Dans ses premiers commentaires publics sur cette défection, M. Berlusconi a exhorté le groupe de M. Alfano à se joindre à ses propres troupes afin de faire front commun contre leurs adversaires de centre gauche.

Le Cavaliere a tenu ces propos lors d'un discours prononcé samedi devant les partisans de Forza Italia, son ancien parti qu'il a récemment relancé.

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