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16/11/2013 12:18 EST | Actualisé 16/01/2014 05:12 EST

La CAQ mise sur les jeunes couples avec enfants pour remonter la pente

QUÉBEC - Après avoir tenté sa chance par divers moyens, François Legault essaie maintenant de hausser sa cote de popularité en faisant miroiter l'élimination de taxes.

Sa clientèle-cible: les jeunes couples avec enfants et revenu moyen.

La Coalition avenir Québec (CAQ) qu'il dirige croit réaliste d'éliminer la taxe santé pour tout le monde et la taxe scolaire particulièrement pour les jeunes familles, et ce, graduellement, durant un premier mandat de gouvernement.

«Le contribuable du Québec a besoin qu'on arrête de piger continuellement dans ses poches. Il a besoin de souffler», a-t-il commenté, dans son allocution devant quelque 300 militants réunis en conseil général spécial.

Mais la CAQ ne s'engage pas à abolir la taxe santé dès la première année, alors que M. Legault s'est dit à maintes reprises prêt à défaire le gouvernement à l'occasion du prochain budget, le printemps prochain, s'il n'incluait pas cette abolition, une position «non négociable», disait-il encore cette semaine.

En point de presse, le chef caquiste a nuancé sa position, en disant qu'il exigeait désormais du gouvernement Marois «d'en faire un bout dans le prochain budget», pour démontrer sa détermination à éliminer graduellement la taxe santé, qui représente des revenus de quelque 700 millions $ par an dans les coffres de l'État.

Si le rêve devenait réalité, la CAQ a calculé qu'une jeune famille pourrait ainsi épargner, en moyenne, 1000 $ par année, soit 600 $ grâce à l'abolition de la taxe scolaire et 400 $ récupérés de l'abolition de la taxe santé.

Au total, un éventuel gouvernement caquiste croit qu'il se priverait ainsi d'environ 2 milliards $ de rentrées fiscales, en renonçant ainsi au 1,2 milliard $ de la taxe scolaire et aux 700 millions $ de la taxe santé, et ce, année après année.

La taxe scolaire sera cependant maintenue pour les propriétaires d'immeubles, l'abolition étant réservée aux particuliers.

La CAQ croit aussi réaliste de respecter ses engagements fiscaux sans diminuer les services, ni hypothéquer les finances publiques, grâce notamment à une réduction de la taille de l'État et du nombre d'employés.

La position de la CAQ a été rendue publique samedi, durant ce conseil général spécial convoqué autour du thème de la famille.

Elle a été présentée aux militants par le député de Lévis, Christian Dubé, qui dirige un comité chargé de revoir la fiscalité et les finances publiques. Il s'agissait d'un rapport d'étape, le rapport final du groupe étant attendu en 2014.

Il faut éliminer «les taxes les plus inéquitables», a-t-il dit, en point de presse, en parlant de la taxe santé et de la taxe scolaire. Il a dit qu'il ne pouvait pas préciser davantage l'échéancier de réalisations du parti puisque la CAQ n'avait pas accès aux plus récentes données financières du gouvernement.

Selon lui, la marge de manoeuvre gouvernementale qui permettrait d'alléger le fardeau fiscal des familles est «beaucoup plus» importante que ce qu'on pourrait croire et plus importante que ce qui a été annoncé samedi.

Sans compter la taxe scolaire et la taxe santé, un gouvernement Legault promet donc, en sus, de présenter «un plan pour moderniser le gouvernement et pour baisser les taxes des familles», a ajouté M. Legault dans son allocution de clôture de l'événement.

Le chef caquiste, dont la formation est à la traîne dans les sondages, a reconnu que la CAQ traversait une période difficile. «Il faut avoir le coeur solide» en politique, a-t-il dit, tout en se montrant combatif: «ceux qui pensent qu'on est à genoux, vont voir, au contraire, que nous sommes les seuls à être debout».

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